Articles du mois de septembre 2005

Appel de Paris

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L’Appel de Paris, lancé le 7 mai 2004, affirme en substance que les produits chimiques mis sur le marché sont impliqués dans de nombreuses maladies et qu’il est donc urgent de les analyser et – pour les substances « certainement » ou « probablement » cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction – de les interdire. Parmi les signataires, on retrouve des noms comme Boutros Boutros-Ghali, Albert Jacquart, Samuel Epstein, Hubert Reeves, Edgard Morin, deux Prix Nobel de médecine…
Pour prendre connaissance du texte dans son entièreté, et rejoindre cette gigantesque communauté de pression, signez en ligne sur http://appel.artac.info ou envoyez vos coordonnées (nom, email, fonction, organisme, pays) à ARTAC (0033 1 45 78 53 53) – 57-59 rue de la Convention 75015 Paris – artac.cerc@wanadoo.fr

En chiffres…
On ne compte plus les études prouvant l’implication de divers polluants largement répandus dans l’augmentation de nombreuses maladies graves ou chroniques, particulièrement dans nos sociétés industrialisées. Les chiffres nouent l’estomac :
- 15 % des couples en Europe sont stériles. Aujourd’hui, la quantité de spermatozoïdes est à 50 % de ce qu’elle était il y a 50 ans .
- Sur ces 20 dernières années, le nombre de cancers du sein chez la femme a doublé, et celui de la prostate chez l’homme a triplé.
- Dans certains pays industrialisés, dont les États-Unis, le nombre de leucémies, lymphomes et tumeurs cérébrales a augmenté de 30 à 50 % en 20 ans
- En France, au moins 9 % des salariés sont exposés durant leur travail à des produits cancérigènes et au moins 10.000 cancers par an sont dus à une alimentation polluée
- En volume, 99 % des produits chimiques n’ont jamais passé les tests nécessaires.
- En Europe, l’environnement est reponsable du décès d’un enfant sur trois…
Les sources précises et le résumé de toutes ces études scientifiques éclairantes, allant de la Commission européenne aux plus imminents toxicologues, sont reprises dans le dossier « santé et pollution » de la revue « L’écologistes » n°13, septembre 2004.


L’Environnement cancérigène

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Depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès dus au cancer a doublé. Selon Dominique Belpomme, cancérologue français de renom, 75 % de ces cancers sont d’origine environnementale. Et de fustiger notamment les produits chimiques envahissant nos rues, nos maisons, nos assiettes. Via l’association Artac dont il est président, il lance l’Appel de Paris, appuyé par plusieurs Prix Nobel et scientifiques de haut vol. Pour alerter la population européenne et mettre le politique sous pressions. Sommes-nous tous malades ? Entretien.

Vous avez publié l’an dernier “Ces maladies créées par l’homme�(description) . Ces maladies, quelles sont-elles et d’où viennent-elles?

belpommeD’abord le cancer. En Europe, il est en augmentation de 1% chez l’enfant chaque année. On ne sait pas exactement à quoi cela est dû, mais on suspecte très fortement la pollution de l’air dans les lieux d’habitation, et en particulier ce que l’on appelle les composés organiques volatils, formaldéhyde ou autres, qui émane par exemple des meubles. Autre cause également : l’utilisation de pesticides à usage domestique. On est maintenant certain que les pesticides et les dioxines sont cancérigènes. Ils agissent non seulement comme promoteurs – c’est-à-dire qu’ils stimulent la division des cellules touchées et donc accélèrent le cancer – mais également comme mutagènes –qui altèrent le gène et fait ainsi naître le cancer. C’est clair pour les enfants, mais aussi pour les adultes (voir encadré « en chiffres »).
Outre le cancer, d’autres maladies sont induites par la pollution chimique, notamment les allergies. Un français sur cinq est allergique. Pire : en Europe, un enfant sur sept est asthmatique, c’est énorme. Cela est dû aux poussières dans l’environnement, qui transportent des allergènes naturels. L’enfant est le plus vulnérable parce qu’il respire à ras du sol et que la quantité d’air et d’eau – souvent polluées – dont il a besoin pour sa croissance est largement supérieure à celle de l’adulte.

Selon vous, la cause principale est environnementale, n’est-ce pas plutôt le fruit de nos modes de vie ?

On sait qu’un cancer sur quatre est lié au tabac, notamment par les composés mutagènes que l’on retrouve dans la fumée et le goudron. C’est certain. Mais le problème se pose pour les trois quarts des cancers restants. Là, il y a deux théories. La thèse classique avance le mode de vie : l’alcoolisme, le stress, la pilule, les régimes alimentaires… La théorie actuelle, elle, dit que des facteurs environnementaux sont à l’origine de 75% de ces cancers.

L’argument est très simple : pour faire un cancer, il faut des mutations de cellules. Autrement dit : sans facteur mutagène pas de cancer. Or, lorsque l’on analyse tous ces facteurs liés au mode de vie, hormis le tabagisme, aucun ne sont mutagènes. Donc, s’ils ne sont dans nos modes de vie, il faut les chercher ailleurs. C’est ailleurs est l’environnement.

Quel est l’état des connaissances dans ce domaine ?

Pratiquement nul. Sur les 100.000 substances chimiques qui ont été mises sur le marché, seulement 5.000 ont été à peu près correctement étudiées au plan toxicologique. Sur ces 5.000, seules quelques centaines ont été étudiées correctement quant à leurs propriétés cancérigènes. D’où l’Appel de Paris (voir glossaire).

Que dit cet Appel de Paris ?

L’Appel de Paris insiste sur les relations entre pollution chimique et santé. Avec trois articles : premièrement, un grand nombre de nos maladies actuelles est lié à la pollution chimique. Ensuite, l’enfance est en danger. Enfin, si nous continuons à polluer l’environnement comme nous le faisons depuis la dernière guerre, et bien c’est l’espèce humaine elle-même qui risque un jour d’être mise en danger.
L’Appel de Paris est aujourd’hui signé par 500 scientifiques internationaux, dont plusieurs Prix Nobel, et surtout par l’ensemble des Conseils de l’Ordre des Médecins – ou syndicats de médecins – des 25 États membres, représentant 2 millions de médecins. C’est une force majeure.

Déclarer que « l’espèce humaine est en danger », n’est-ce pas catastrophiste ?

Mais non ! C’est une R-E-A-L-I-T-E ! Le message est alarmant, mais indiscutable, incontournable. Ce n’est pas un scénario de science-fiction, mais une réalité scientifique !

Actuellement, REACH, un projet de réforme de la législation européenne sur les substances chimiques, est examiné au Parlement européen. Cette législation imposerait aux entreprises produisant ou important plus d’une tonne par an de substances déterminées de les faire enregistrer, et donc analyser. Êtes-vous satisfait ?

Bien que moins exigeant que la version initiale, notamment suite au puissant lobby industriel, le programme REACH dans sa version actuelle est déjà pas mal puisque l’on compte réétudier une à une 30.000 molécules actuellement sur le marché. Le but étant bien sûr de retirer les produits trop toxiques, cancérigènes ou mutagènes, et de les substituer par d’autres de toxicité moindre. Cela nécessiterait une douzaine d’années d’étude.

On ne tiendra cependant pas compte des possibles interactions entre ces produits…
Non, mais c’est un premier pas. Ce qu’il faut surtout faire aujourd’hui c’est se mobiliser pour que REACH dans sa version actuelle passe en étant le moins possible amendé. Il est essentiel que cette réglementation soit la plus stricte possible, il y va de notre santé et de celle de nos enfants. Mais nous avons contre nous des lobbies industriels bradant la santé de nos concitoyens au nom de l’intérêt économique et financier immédiat. C’est stupide, car notre siècle sera écologique ou nous ne serons plus. Il n’est pas question ici de sortir de la société industrielle, mais bien de réconcilier économie et écologie. Pour que l’économie soit au service de l’environnement et de la société, et non l’inverse. En termes d’expertise et donc de compétitivité, l’Europe a tout à gagner à mettre sur le marché des produits propres. Il y a un énorme marché de l’environnement à conquérir.

Que pouvons-nous faire en tant que citoyens pour influencer ces mesures internationales ?

Signer l’appel de Paris (signature en ligne) ! Nous avons déjà près de 100.000 signatures de citoyens. Un million de signatures représenteraient une force politique considérable. Même si les gouvernements ne sont pas d’accord, c’est une pression importante. C’est maintenant que ça se joue. Mobilisez-vous et signer l’appel, rien n’est acquis !

Votre axe de bataille s’ancre dans la prévention et la précaution, trop peu investies selon vous par les politiques de santés publiques. À ce niveau, quel rôle peut jouer l’éducation à l’environnement ?

Ça se joue dès l’école maternelle. Les enfants devraient apprendre à lire dans des bouquins parlant d’environnement. Par ailleurs, je ne connais pas les programmes belges, mais s’ils sont comparables aux nôtres, il faut aussi que les programmes d’histoires naturelles dans le primaire et le secondaire s’orientent beaucoup plus vers l’environnement. Enfin, les écoles doivent inclurent le bio dans les cantines, afin d’éduquer enfants et parents par la force de l’exemple. Car il est démontré scientifiquement aujourd’hui que le bio développe moins de maladies.
L’éducation à l’école et dans les ménages, comme toujours, joue un rôle majeur. Cela n’empêche qu’il faille résolument agir au niveau politique, il nous faut un plan Marshall de l’environnement au sein de l’Europe mettant en cause le modèle économique et industriel dominant.

Propos recueillis par Christophe Dubois, revue Symbioses

En savoir plus:
site de l’ARTAC, pour signer l’Appel de paris
REACH pour les Nuls, Guide pour une réglementation chimique européenne performante (pdf à télécharger), Greenpeace, 2004.

Un jardin naturel

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jardin1_02.jpgSi vous êtes de ceux qui aiment admirer la nature autour de leur maison, sachez qu’il existe, au Pays de Herve, un jardin naturel fleurit de mai à octobre…

Il s’agit de celui de Georges Bertrand, amoureux de la nature, surtout si elle est sauvage et spontanée. « Au tout début, j’avais simplement un potager, je voulais produire de manière saine, ce qui signifie avoir des alliés qui protègent vos légumes des prédateurs… » Il s’agit par exemple des mésanges, des grenouilles ou des hérissons qui permettent par leur activité quotidienne de ne pas utiliser des produits phytosanitaires. jardin2_01.jpg« Si vous décidez de mettre quelques plantes dans votre jardin, vous aurez des pucerons. Pour éviter qu’ils détruisent vos fleurs et sans apporter de pesticides, on peut introduire des larves de coccinelle qui les dévorent. L’équilibre biologique est donc conservé. » Côté portefeuille, pas besoin pour Georges d’acheter ses coccinelles, il suffit de les accueillir : « J’ai essayé que la nature soit assez agréable pour qu’elles aient envie de rester ». C’est donc ainsi que le côté sauvage du jardin est né. « Il faut bien se rendre compte qu’introduire une plante, c’est accepter la vie qui va avec ! » Et la vie, il n’y a rien de plus beau : « C’est magnifique de voir une mésange qui se pose sur la tête d’un de mes enfants, ou de découvrir qu’un hérisson hiverne à deux pas de ma porte d’entrée ! »

De chez nous et d’ailleurs

jardin3_01.jpgPour développer ce côté sauvage, Georges a commencé à regarder son jardin avec un autre Å“il « Je me suis dit que je pouvais le rendre plus agréable. Devant la façade sud de ma maison, j’avais de l’herbe qui roussissait sous les rayons du soleil. J’ai donc décidé d’enlever cette pelouse affreuse et de mettre de la terre noire pour y faire pousser des plantes sauvages… Aujourd’hui, c’est magnifique !». Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres…Son terrain se compose de multiples plantes : celles de la région, des types sauvages, des coups de cÅ“ur ou des espèces rares «Les plantes doivent avant tout apporter du plaisir, je n’hésiterais pas à planter une belle espèce, même si elle n’est pas du Pays de Herve. Ce qui est marrant, c’est que je plante aussi des fleurs que l’on trouve au bord de l’autoroute et que personne ne remarque en passant en voiture. Lorsque je la mets en évidence au pied de mon escalier, les gens s’exclament qu’ils n’ont jamais vu cette ravissante espèce… »

jardin4Se créer un jardin comme celui-là demande avant tout de l’observation : «Regardez chez vous ce que vous pourriez améliorer et choisissez la solution la plus simple possible. Pas besoin d’aller chez l’horticulteur acheter du terreau ou de l’engrais, les plantes sauvages adorent les conditions défavorables, voire extrêmes ! Il suffit juste d’enlever ce qui ne vous plait pas et de rajouter un peu de terre noire pour y planter les semences. Ensuite, laissez la nature faire son œuvre. » Cependant, il est parfois utile de rajouter du calcaire, car les plantes sauvages en raffolent. Plus besoin non plus de s’occuper des mauvaises herbes, terme que Georges n’utilise même plus : «Au début, je les enlevais de mes plates-bandes comme tout le monde. De nos jours, je n’y touche plus car elles peuvent être utiles ! » Si vous possédez un petit terrain, cela ne vous posera pas de problèmes, il faudra juste être attentif à ce que certaines plantes ne monopolisent pas les autres. «L’esprit humain a toujours tendance à vouloir gérer la nature. De mon côté, j’essaie d’intervenir un minimum, car j’aime ce côté spontané de la nature, les espèces poussent là où on les attend le moins. Je les laisse se trouver un équilibre naturel. Bien sûr, je vérifie si je ne dois pas les redresser, leur mettre un tuteur ou les couper après un violent coup de vent. Et évidemment, je ne passe pas un jour sans profiter de mon jardin ! ».

Si vous souhaitez découvrir quelques idées pour votre jardin, Georges Bertrand ouvre les portes de son espace le 26/06 de 9h30 à 12h, Voie des Aubépines, 16. 4651 Battice (Herve). Pas besoin de réserver, prévoyez 3 euros pour l’entrée. Et si vous préférez acheter des graines, contactez les Amis de la Terre au 081/40.14.78, Place de la Vingeanne, 5100 Dave.


Voyager malin

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Vacances ! Ce mot magique qui réveille en nous tant d’aspirations : déconnexion, repos, aventure, découverte, rencontre, nature, défoulement, vieilles pierres… selon les uns ou les autres. Devenues un droit, depuis une soixantaine d’années, les vacances signifient pour plus de la moitié des belges « partir »â€¦ et participer ainsi à cet énorme exode qui compte aujourd’hui 700 millions de touristes sillonnant le monde chaque année – on en comptait 25 millions dans les années cinquante. Aujourd’hui, avec plus de 12% du PIB international et 200 millions d’emplois, le tourisme est la première industrie de la planète.

Vu sous l’angle du développement durable, on ne peut nier que le tourisme apporte des ressources économiques là où il s’implante. Mais certains méfaits sont toujours bien présents, particulièrement pour le tourisme dans les pays en développement : concentration des profits financiers entre les mains des entreprises occidentales, création des réflexes de mendicité, déplacements de populations locales, dégradation progressive de l’identité culturelle et de l’environnement.

Pour ne pas tomber dans ces travers, de nombreuses alternatives existent. Pierrette Nicolosi, de l’asbl TOURèS (pour « Tourisme Responsable »), les a testée ou étudiée pour vous.

Où pars-tu généralement en vacances ?

Depuis quelques années, je pars en vacances là où j’ai des amis, des connaissances, des personnes que j’ai rencontrées et qui m’ont donné envie d’en savoir plus sur leur vie, leur lieu de vie. En général, je retourne plusieurs fois au même endroit, parce que j’aime ‘approfondir’, ‘connaître’ mieux un endroit, les gens, leur culture ….

Quels sont tes critères de choix ?

Humains. Je peux dire que c’est vraiment l’aspect humain qui prédomine et détermine le choix d’une destination – le critère de choix sera donc un lieu où je connais quelqu’un, ou je suis en contact avec quelqu’un ou un groupe, une association – la rencontre de l’autre est essentielle.

Bien que professionnelle du tourisme, tu es relativement critique par rapport au « tourisme classique »…

Je ne dirais pas que je travaille dans le tourisme classique si on entend par là le tourisme ‘de masse’, pratiqué à l’échelle industrielle : je travaille dans une petite agence indépendante qui a un marché de niche – le Proche Orient.

tourisme-2De plus en plus, les agences se font englober par les grands tours opérateurs et proposent dès lors des produits très standardisés (cfr catalogues de Jet Air, Thomas Cook, Mediterra, …) qu’ils transposent d’un endroit à l’autre, d’un continent à l’autre (avec éventuellement une petite touche exotique). Comme dans les autres secteurs, ces grandes entreprises reproduisent leurs mêmes immeubles, leurs mêmes organisations, et offrent une prise en charge presque totale (‘all inclusive’). Les touristes sont poussés à la passivité et surtout à ne pas penser, c’est l’opérateur qui prend tout en main, le touriste vide ses neurones le temps d’un séjour. Tout est mis sous sa main : activités, repas, sports, visites. Le décor est construit, il ne faut pas sortir des limites du décor, pour ne pas voir l’envers de celui-ci.

L’objectif du tourisme industriel est de rentabiliser au maximum, d’attirer un maximum de consommateurs, ce qui nécessite des prix concurrentiels, mais entraîne aussi des conditions de travail difficiles pour les locaux, quitte à perdre en convivialité réelle.

Pour contrer cette tendance, on parle de tourisme responsable. C’est quoi ?

Le tourisme responsable, c’est tout d’abord un autre regard. C’est ne plus concevoir les destinations simplement comme des produits à consommer, mais bien comme des lieux de vie, avec des êtres humains qui les habitent et qui ont plein de choses passionnantes à nous faire partager ou découvrir. La convivialité y tient une place importante à l’opposé des espaces de concentration touristique organisés par les industriels du tourisme.

Je constate que lorsqu’un voyageur a goûté à ce type d’expérience, au sein d’un groupe de voyageurs ou à travers d’autres rencontres, les ‘mises en scène’ de rêve ne parviennent plus à le tromper, elles n’ont plus d’attrait tout simplement.

En plus de cet aspect important, parce qu’il est valorisant dans les deux sens, il y a le souci du candidat voyageur responsable d’avoir le moins d’impact négatif : réduire sa pollution (ne pas voyager trop loin pour un trop court séjour), respecter la nature, respecter les différentes cultures, encourager l’économie locale en consommant les produits locaux, l’artisanat local, participer à un voyage qui soutient un projet local …

Le public visé est-il le même ?

tourisme-3
C’est vrai qu’il y a un public déjà sensibilisé, mais de plus en plus, il y a une demande plus large « d’autre chose ». Tout doucement une partie du public se lasse du voyage ‘standard’ ‘all inclusive’ qui se retrouve dans toutes les brochures des agences de voyage. Par ailleurs, de plus en plus de personnes savent ce qu’est le commerce équitable, le bio, … et sont consommateurs de ces produits de plus en plus visibles. Dans cette démarche, même si les propositions de voyages ‘éthiques’ sont toujours absentes des rayons des agences de voyages, un nombre croissant de voyageurs en viennent à penser à leurs voyages et à leurs loisirs en terme de choix responsable. Donc il y a une demande de plus en plus importante : au niveau mondial, l’industrie du tourisme a connu en 2004 une croissance de 10%. Dans le même temps, l’écotourisme est en croissance de 20% !

Comment les pays hôtes voient-ils le tourisme en général et le tourisme responsable en particulier ?

Simplement, il faut comprendre que pour certains habitants des pays du sud, le tourisme est ressenti comme inéquitable par essence, parce qu’eux-mêmes ne sont pas autorisés à voyager aussi librement que nous.

Mais ne généralisons pas : le sentiment est relativement variable. Cela tient souvent bien plus à la bonne santé économique du pays. Pour les pays du Nord qui ont en général une économie stable et diversifiée, le tourisme est un outil supplémentaire de valorisation du patrimoine, il est de plus en plus souvent géré avec considération pour le patrimoine culturel et naturel. Pour les pays plus pauvres, le tourisme est encore aujourd’hui synonyme de retombées économiques importantes et de développement … Hélas, l’expérience montre que c’est souvent l’inverse qui se produit.
Que des pays touristiques ne sont jamais devenus riches, mais par contre sont devenus dépendants de cette ‘industrie’ ; que les règles leur sont imposées et qu’ils n’en maîtrisent pas du tout le développement ; qu’ils ne bénéficient que très peu de ces fameuses retombées. Cependant, certains de ces pays commencent à prendre conscience de l’importance de ce secteur et de l’intérêt d’une gestion rigoureuse, de l’intérêt à préserver leur patrimoine naturel. ils commencent à avoir des politiques beaucoup plus concertées (ex : Costa Rica, certaines régions d’Afrique …). La notion de tourisme responsable est nouvelle, elle a pris du temps à faire son chemin. C’est un processus qui doit être encouragé et soutenu, ce que font un certain nombre d’ONG. tourisme-4

Quels sont les freins pour que les gens se dirigent vers un tourisme responsable ?

Le premier frein est sans nul doute le manque de visibilité des opérateurs voyagistes qui travaillent dans cette optique – comment les repérer, comment savoir que leurs engagements sont bien réels sur le terrain – même si certains labels pointent leur nez, c’est un secteur où il sera très difficile de labelliser – la recherche peut s’avérer difficile et sans réelle garantie. Côté sous, il y a moyen de voyager responsable et bon marché, par des formules diverses : à travers des ONG, des chantiers qui ne sont plus obligatoirement jeunes (même si c’est souvent le cas), des échanges de maisons ….

Comment préparer ses « vacances éthiques » ?

tourisme-5 Penser ses vacances en termes de détente, de déconnexion, pour se retrouver, pouvoir pratiquer les activités que l’on aime. Ce sont des lieux à choisir : montagne, mer, villes, désert … – dans des critères qui nous laissent cohérents avec nous-mêmes. J’éviterais les longs trajets en avion pour des courts séjours, afin de ne pas polluer inutilement, et je me réserverai un voyage lointain pour un long séjour. J’éviterais aussi de partir avec un gros tour opérateur qui exploite les destinations qu’il propose. À part cela, je chercherais en fonction de mes goûts, des petites structures de préférence. Pourquoi pas partir en groupe, mais il n’y a pas qu’une formule, il y a une multitude de formules …

Pour en savoir plus :
le site www.toures2002.be (notamment leur « répertoire des initiatives »)


Mettre nos poubelles au régime

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Boire l’eau du robinet, composter ses déchets, refuser les sacs en plastique chez les commerçants, choisir une poudre à lessiver concentrée (tout en respectant le dosage !), litières pour chat biodégradables, piles rechargeables, fruits et légumes en vrac… pour éviter l’indigestion quotidienne de nos dames poubelles, il existe bien des remèdes pas très compliqués à intégrer dans la vie quotidienne. Pour preuve, l’Espace environnement et le Réseau Eco-consommation ont relevé le défi avec la complicité de 30 ménages wallons. Le nom du projet : « puzzle de la prévention des déchets ». Pourquoi « puzzle » ? Car les petits changements chez chacune des familles sont les pièces d’un puzzle qui vont permettre de favoriser la prévention tout en laissant une place aux autres opérations : collectes sélectives, recyclage, valorisation, élimination. Si le projet, lui, s’est clôturé fin février, les familles, elles, sont bien décidées à poursuivre leurs bons gestes ! Désormais, dames poubelles vous aurez la peau sur… le sac !

Pour vous donner quelques pistes en matière de diététique poubelle, Monde qui Bouge a interrogé quelques unes de ces familles qui ne manquent pas d’audace pour vivre le développement durable « met veel plezier ! »


Comment faire ses courses au quotidien ?

Famille Quoibon et leurs 2 enfants, Louveigné :
« Dans la famille, les courses sont faites au maximum sans sac plastique, en vrac ( sans emballage inutile ) et en gros volume quand c’est possible. Il faut trier les achats selon le type de magasin. Je privilégie facilement les commerces de village pour les achats journaliers ( pain, viande, fromage). Ils acceptent de vous servir dans vos propres conditionnements (boîtes, sachets). J’ai redécouvert le bon goût du lait en utilisant les services du brasseur qui vend du lait stérilisé (et non UHT) en bouteille en verre (à peine plus chères mais réutilisées),… »

Famille Jacques-Legrand et leurs trois enfants, Embourg
« Au quotidien, nous essayons de faire des choix responsables. Nous n’avons pas les moyens d’acheter des fruits et légumes bio, mais nous n’achetons que des fruits et légumes de saison et de chez nous. Nous les achetons au marché. Nous utilisons nos propres sacs et nous veillons à ce que les produits présentés ne soient pas déjà emballés , qu’ils soient respectés et que le personnel soit traité de manière respectueuse. »

Marie-Dominique Marnix au nom de son mari et de ses 6 enfants, Godinne
« Je fais les courses plusieurs fois par semaine pour tenter d’acheter au meilleur endroit en fonction des produits et des possibilités, de limiter le suremballage, de trouver des produits d’entretien écologiques, d’avoir des articles en papier recyclé (mouchoirs, papier WC…) au prix le plus intéressant. Le tout dans une quantité réfléchie pour éviter les gaspillages « .

Quelques bons conseils pour faire maigrir nos poubelles ?

Dominique Quoibon
« Prendre la peine (petit à petit) de remettre en question chaque geste du quotidien en commençant par le besoin réel. Par exemple, les enfants aiment les petits yogourts en mini dose. Mais on peut les sensibiliser en leur expliquant que trop de sucre est néfaste pour le corps qui préfère des aliments plus basiques. En effet, un corps bien nourri avec des produits sains résiste mieux aux attaques des microbes, virus et autres crasses qu’il rencontre. Toute personne se targuant d’être parent ne veut que le meilleur pour son enfant. S’il est conscient que le meilleur passe par du « sain » (vue à court terme) et du moins de déchets (vue à long terme), il agira « pour » le bien-être de son enfant. Une génération seulement sera nécessaire pour modifier ses habitudes de vie. Mais il est sûr et certain que pour nous, actifs et maintenant acteurs, le « geste intelligent » est une gêne ou un effort parce qu’inscrit trop tardivement dans notre fonctionnalité ».

Famille Jacques-Legrand
« Faire un compost : il n’y a pas besoin d’un grand jardin pour faire un compost, 4 palettes en bois suffisent »

Monsieur Destinay et sa femme, Liège
« Le compostage des matières organiques réduit de moitié le poids de nos poubelles. De plus, il faut utiliser les outils que l’on met au service de la population : collecte de papier, PMC, bulles pour le verre, parcs à conteneur… »

Famille Jaumotte et leurs deux enfants, Godinne
« Ce n’est pas parce qu’on trie qu’on fait bien ! Premier conseil : boire l’eau du robinet, puis acheter des contenants consignés ou en verre, utiliser des bacs ou des caisses pour transporter les marchandises.Essayer de donner une seconde vie à certains emballages et aux objets : donner les magazine et les journaux aux hôpitaux pour les salles d’attente, réaliser une manne à déguisement pour les enfant avec les vieilles chaussures, privilégier les recto des papiers comme feuille de brouillon, feuilles à dessin, papier à découper… »

Si vous aussi, vous désirez devenir expert-poubelle : Commandez gratuitement les fiches du réseau Eco-consommation ou téléchargez-les sur le site www.ecoconso.org


La maison passive

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La construction durable est pour le moment sur toutes les lèvres, de Batibouw au succès grandissant du salon Bois et Habitat. Un travail de longue haleine pour métamorphoser des décennies de boulimie énergétique et de pratiques polluantes. Cet intérêt croissant se traduit petit à petit sur le terrain. Parmi ces nouveautés, la « maison passive » est un concept tout droit venu d’Allemagne.

Adeline Guerriat, rencontrée dans les dédales du Salon international de la construction et de la rénovation, vient de terminer ses études d’architecte. Après avoir consacré son travail de fin d’étude à la question, aujourd’hui professionnelle convaincue de l’intérêt des maisons passives, elle désire orienter ses futurs clients dans cette voie… En attendant, elle nous explique le principe et nous file ses tuyaux.

C’est quoi une « maison passive » ?

Tout d’abord, il faut bien faire la différence entre maison passive et maison solaire passive ou maison bioclimatique. La maison passive, à l’inverse des autres, est un label et doit répondre à certaines exigences précises.

C’est une maison qui n’a pas de système de chauffage traditionnel. Ça peut paraître « magique », mais c’est possible. Pour y arriver, plusieurs points sont à prendre en considération.

D’abord, la maison doit être très isolée. On arrive facilement à une épaisseur d’isolant de 30 cm dans les murs… Cela implique notamment d’avoir des châssis et des vitrages très performants. On utilise du triple vitrage avec un châssis spécialement isolant. Cela implique également l’absence totale de ponts thermiques (points faibles dans l’isolation, particulièrement aux raccords).

Il faut également que la maison soit totalement étanche à l’air, la moindre fuite d’air par une imperfection de l’enveloppe du bâtiment est une porte de sortie pour la chaleur.

Suite à cela, une ventilation s’impose pour garantir la qualité de l’air. La maison passive applique le système D préconisé par la Région Wallonne, c’est à dire , une ventilation mécanique double flux avec récupération de chaleur.

Puisque la ventilation récupère entre 80 et 90% de la chaleur qui pourrait sortir du bâtiment, il est un peu ridicule d’installer un chauffage central pour le peu de chaleur encore nécessaire. Pour cet appoint de chaleur, on préchauffe un peu l’air entrant dans la maison au moyen, par exemple, d’un puit canadien et d’une petite pompe à chaleur (puissance 2000w) air/air qui récupère l’énergie résiduelle contenue dans l’air extrait. Cela permet d’atteindre la norme de 15kWh par m² et par an pour l’énergie de chauffage.

Bien entendu, une maison passive profite également des apports gratuits du soleil et l’orientation de la maison ainsi que l’emplacement des fenêtres ont leur importance.

Le principe d’une maison passive pourrait être résumé comme suit : «éviter les pertes et maximiser les gains ».

Comment t’es-tu intéressée à la chose?

C’est dans le cadre de mon travail de fin d’étude d’architecture que je me suis intéressée à ce type de maison. Au départ, je voulais faire un travail sur les maisons bioclimatiques mais suite à quelques recherches et à des discussions avec mon promoteur, Bernard Deprez, je me suis rendu compte qu’il existait un type de maison à un stade plus avancé et encore méconnu chez nous.

Toi, perso, tu voudrais construire dans cette idée (ou aider à faire construire…)?

Étant maintenant architecte et convaincue de l’intérêt des maisons passives, il est évident que j’ai l’intention d’orienter mes futurs clients dans cette voie…

Y a-t-il beaucoup de « maisons passives » en Belgique ? (si non, alors pourquoi selon toi?)

Pour le moment, je pense qu’il n’y a que 6 maisons passives construites en Belgique. Mais cela suscite l’intérêt et une quinzaine de maisons au minimum sont en projet. Le standard est né en Allemagne, là-bas, il y a déjà plus de 3500 maisons passives. Le principe s’étend petit à petit vers les autres pays. En Belgique, c’est venu un peu tard par rapport à d’autres pays, en partie je pense à cause du fait que la grande majorité des informations disponibles sur le sujet est en allemand… Maintenant, notamment grâce à la Passiefhuis-Platform, asbl basée en Flandre, l’idée se diffuse plus largement. Un autre aspect, c’est qu’il n’y a pas encore d’incitants financiers particuliers aux maisons passives…

Si je veux construire « passif », à quoi dois-je faire attention ?

Pour éviter toute confusion, je dirais plutôt construire selon le standard « maisons passive ». Dans l’esprit de beaucoup de gens, construire passif signifie avoir des panneaux solaires sur son toit et faire un peu attention à l’énergie. Pour une maison passive, c’est plus précis, il y a des normes à respecter.

Pour revenir à la question, ce à quoi il faut faire attention, c’est d’avoir une grande rigueur de mise en œuvre. Pour ce faire, c’est important que tous les corps de métier se sentent concernés par l’affaire.

Il faut également être sûr qu’on ne dépassera pas la norme de consommation de chauffage, sinon, la ventilation ne sera plus capable de prendre en charge l’appoint de chauffage puisque celui-ci sera trop important. Cela se calcule grâce à un programme informatique mis au point par l’université de Darmstadt spécialement pour les maisons passives. Ce programme calcule également tous les autres aspects de la maison.

Et à qui dois-je m’adresser ?

La Passiefhuis-Platform (PHP) peut orienter les gens vers les entrepreneurs et architectes membres de l’asbl. Si vous voulez construire une maison passive et que vous avez déjà un architecte, la PHP peut donner des conseils et aider à la conception du projet. L’équivalent de la PHP en Wallonie est en voie de création mais pour l’instant, il n’y a qu’eux comme référence.

Quels sont les inconvénients d’une telle maison ?

Il y en a peu (rires)

J’en vois cependant deux principaux :

1/ une maison passive nécessite un surcoût de 10 à 15 % à la construction. Ces frais supplémentaires seront récupérés à l’usage grâce à la très faible consommation de la maison mais dans l’état actuel des choses (peu de primes, etc.) il faut voir à long terme. Le temps de retour sera d’autant plus faible que le prix de l’énergie augmente…

2/ le principe est difficilement applicable en rénovation pour des raisons techniques, or il serait plus intéressant de donner une nouvelle vie à des bâtiments existants plutôt que de construire encore plus.

Beaucoup d’avantages donc…

Oui, la faible consommation d’énergie est un atout important dans la situation actuelle du prix de l’énergie mais également dans le but d’atteindre les objectifs du protocole de Kyoto. Le chauffage domestique est responsable pour près de 20 % des émissions de CO2 en Région Wallonne. En plus, le confort dans une maison passive est accru du fait du renouvellement permanent de l’air.

Contact : Adeline Guerriat, Tienne St Hubert 1/1 à 6530 Thuin (adeline.guerriat@mellifica.be)

En savoir plus:

- Site de la Plate-forme Maison Passive : www.maisonpassive.be
- Dossier du magazine Imagine – Demain le monde, « Habiter écologique », mars-avril 2005 : www.imagine-magazine.com
- Deux dossiers bien ficelés du Réseau Eco-consommation: « Une maison pour la vie, une maison durable! » (L’Art d’éco… consommer n°02) et « Les maisons passives » (L’Art d’éco… consommer n°31)


Des produits d’entretien éco et pas chers

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produitsCécile Flé, mère de famille, journaliste et auteur du livre « Vivre dans une maison saine », nous délivre ses trucs pour nettoyer de manière écologique et pas chère.

Faire son ménage de façon écologique présente un tas d’avantages. Primo, bien sûr, c’est bon pour la planète, notamment les cours d’eau dans lesquels se déversent nos eaux usées. Secundo, ça permet un gain de place dans les placards. En effet, contrairement à ce que nous vantent les publicités, nul besoin de collectionner les produits et les gadgets jetables pour être une fée du logis. Quelques « basiques » suffisent. Enfin, contrairement aux idées reçues, ça ne coûte pas forcément plus cher de briquer son intérieur avec des produits respectueux de l’environnement. Notamment, parce qu’on peut fabriquer soi-même une partie de ses produits ou utiliser des produits courants très simples, efficaces et bon marché. Cécile Flé, mère de famille, journaliste et auteur du livre « Vivre dans une maison saine »*, nous délivre ses trucs qui ont fait leurs preuves.

« Lasse d’utiliser des produits ménagers aux parfums chimiques, des produits chlorés ou aux tensioactifs issus de la pétrochimie, présentant un réel danger pour notre environnement, et une toxicité certaine pour notre santé … j’ai troqué chacun de mes flacons aux doux noms de fraîcheurs marines et autres senteurs des prés contre des solutions plus naturelles, plus respectueuses de notre planète et du bien-être de ma famille. »

Si j’ouvre mon placard de produits d’entretien, je peux y trouver :

  • un gant « magique », en fibres de cellulose régénérée, qui nettoie tout, de la carrosserie de votre voiture, aux meubles de cuisines, ou aux vitres, sans aucun détergent. Il suffit de le plonger dans l’eau tiède. Ce gant magique est très efficace pour les tâches récalcitrantes. (Moins de 15€ sur www.monde-de-bebe.com)
  • du vinaigre d’alcool cristal (appelé aussi vinaigre blanc, pour 0,5 € au rayon des huiles et vinaigres de votre supermarché). Ce vinaigre va lutter contre le calcaire. Je l’utilise partout dans la maison (pour le parfumer, on peut ajouter une dizaine de gouttes d’huiles essentielles de lavande ou tout simplement glisser un bouquet de lavande dans la bouteille) :
  • â—¦ dans la machine à laver le linge, pour adoucir l’eau calcaire (plus besoin d’adoucissant) et éviter que la résistance ne s’entartre (ce qui économise de l’énergie),
    ◦ quelques gouttes sur une éponge, il fait briller la robinetterie,
    ◦ additionné de bicarbonate de soude, il nettoie et désinfecte les sanitaires,
    ◦ additionné de sel fin et de bicarbonate de soute, j’obtiens une pâte abrasive.
    â—¦ pour la vaisselle je remplis un bouteille de 50% de vinaigre, et 50% de produit vaisselle.

  • du citron. Il absorbe les odeurs désagréables du réfrigérateur, fait briller la robinetterie. Un demi citron planté de clous de girofle éloigne les mouches.
  • du savon de Marseille (en copeaux ou en pain). Je l’utilise pour ma recette de produit ménager « tous usages » : faire fondre 1 pain de savon de Marseille râpé couvert d’eau dans une grand casserole, laisser refroidir, ajouter, 4 litres d’eau, un demi verre de vinaigre d’alcool cristal et de l’huile essentielle (un tiers de flacon) de lavande ou d’arbre à thé, puis mettre en bouteille. Ce produit nettoie les sols, votre salle de bain et la lessive et on obtient environ 5 litres pour à peine 5 euros.
  • des grains de café. Ils absorbent les mauvaises odeurs.
  • une orange piquée de clous de girofles pour désodoriser et chasser les mites. Si on prend bien garde recouvrir entièrement l’orange, elle ne moisi pas.
  • des balles de lavages (20 € sur www.monde-de-bebe.com ou dans les magasins biologiques) qui vont faire comme les lavandières d’autrefois et battre le linge dans la machine à laver, ainsi on peut économiser 50% de lessive et se passer d’adoucissant.
  • du papier journal. Après avoir humidifié les vitres avec une éponge, je les frotte avec une boule de papier journal, sans avoir besoin de produits.
  • de la pierre d’argent, à base d’argile, nettoie et polit tout : de l’argenterie à la baignoire, et passant par les carrelages … (environ 9 € en grande surface)

Il me parait inconcevable aujourd’hui d’utiliser des produits ménagers polluants, tant les avantages sont nombreux avec ceux que je viens de décrire : ils ont un parfum agréable, n’agressent pas la peau, sont sans dangers pour les enfants, et sont très économiques.

Une petite idée pour conserver ces produits (bicarbonate de soude, savon de Marseille en copeaux, et autres,… ), je chine en brocante des bouteilles et bocaux anciens, et je colle une jolie étiquette.

Pour trouver d’autres idées, je cherche parmi les recettes de grand-mères, le Guide écologique de la famille (Le Bouar, Belloti et Rav, Ed. Sang de la Terre, env. 23 €) et je consulte la liste de discussion :
http://fr.groups.yahoo.com/group/nos_produits_bio_faits_maison/ et son site web : http://maisonbio.free.fr

Bon ménage !

*Vivre dans une maison saine, Cécile Flé, Ed. Eyrolles, env. 18 €.

article publié dans billy-globe.org


J’ai vu le futur en face

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Mardi 7 juin. Papa Dubois installe sa petite famille devant le petit écran : « rassurez-vous, même si c’est pour le boulot, c’est pas le jardin extraordinaire, c’est Delarue, en prime time, y a même une fiction avant le débat ». Sur le plateau de « 2025, le futur en face », des experts : le cancérologue Dominique Belpomme ; Jean-Marc Jancovici, spécialiste du climat ; le président de WWF France, qui a collaboré à l’élaboration de l’émission et du film. Le présentateur-vedette annonce le programme : « revenons sur les prévisions et les mises en garde de 2005 et, voyons comment nous n’avons su ni prévenir ni éviter tous les drames quand il en était encore temps, avec l’exemple d’une famille française touchée par des maladies d’un nouveau type et des catastrophes climatiques en 2025.» Mise en garde, drame, maladie, catastrophe… « Ouh, là, il met le paquet le Jean-Luc ». « Chuut le film commence ».

L’histoire d’une équipe de télé qui part couvrir des inondations titanesques en Camargue, en 2025. Une heure à suivre les palpitantes aventures des victimes françaises du dérèglement climatique, des allergies purulentes, des moustiques paludiques… Je ne vous raconterai pas le détail, je me suis endormi après dix minutes, pour me réveiller à la fin, à la mort de la journaliste. C’est pas que c’était totalement mauvais, c’est que je suis allergique aux téléfilms français. À vrai dire, je pensais même, en mon for intérieur, « bon début, pour secouer les masses de téléspectateurs endormis, il faut ce genre d’électrochoc ».

Retour sur le plateau. « C’est un scénario moyen, rassure Delarue, la situation pourrait être plus critique ». Les spécialistes rappellent alors les urgences scientifiquement avérées. Un myopathe trop longtemps exposé à des produits dangereux et une jeune fille atteinte d’un cancer du rein à 12 ans exposent leur cas. 23h. Toujours pas une ébauche de solution pour les courageux qui sont restés devant leur écran. Déjà 13000 spectateurs inquiets ont appelé le standard de l’émission : « mon mari est mort, il jouait au golf, y a-t-il un lien ? » (sic).
Le dernier quart d’heure, montre en main, offre enfin les alternatives : éteignez la lumière, mangez bio, achetez un régulateur d’eau, prenez le train, votez intelligemment, buvez de l’eau minérale… Euh… Et Jean-Luc de nous rassurer : « La semaine prochaine, des enfants vous donneront leurs trucs, durant une minute, juste avant le JT ».

L’intention et l’audience (3,8 millions de téléspectateurs) étaient bonnes. Nous ne sortirons en effet de l’ornière que si les grands médias s’emparent systématiquement des enjeux environnementaux et humains, aux heures de grande écoute, en y investissant les moyens nécessaires pour atteindre le grand public. France 2 l’a fait. D’autres devraient suivre, et recommencer autant que nécessaire.
Mais la forme a failli. « Il fallait que le téléspectateur ait l’impression de regarder un magazine d’information, et non une fiction », déclarait le réalisateur du film, Christophe Janin. Pourquoi alors ne pas montrer des faits réels ? D’autant que le recadrage faisait défaut. D’où cette interrogation de Martin, 15 ans, durant l’émission : « le cheval dans le reportage est-il mort de sa maladie ? ». Ou cette impression qu’il faudrait exterminer le moindre moustique.

Deux heures passées à nous jeter des dysfonctionnements à la face, pour 15 minutes de solutions. N’en jetez plus, la coupe est pleine. Quel sera l’effet de cette émission ? Le réalisateur y répond, involontairement, sur le site de France 2 : « J’ai la sensation qu’il est presque déjà trop tard… Je ne suis pas le seul d’ailleurs à penser comme ça, cet avis, je le partage avec la plupart des comédiens ». On comprend mieux…

Christophe Dubois, Réseau IDée asbl


Pour que cesse la corvée d’eau

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L’eau est essentielle à la vie. Et plus encore : avec l’accès à l’eau potable, on offre un passeport pour une meilleure santé, des ouvertures pour l’éducation des enfants, une plus grande émancipation des femmes, le tout au bénéfice de communautés entières. C’est le défi qu’espère relever Green en s’investissant dans un triple projet au Maroc.

L’eau est loin. Qu’importe, il faut bien aller en chercher. Pour approvisionner la maisonnée, Driss parcourt plusieurs fois par jour, à pied, les 4 kilomètres aller-retour qui séparent sa maison de la borne fontaine la plus proche. Son village, Douar Karia, est un bourg d’une dizaine de maisons perdues au milieu d’un paysage rude. Arrivé à la fontaine, Driss retrouve des camarades de corvée. D’autres garçonnets comme lui, dont les journées sont rythmées par la quête de l’eau. D’un tour de main habile, ils chargent les lourds bidons de 5 litres sur leurs épaules. Les plus chanceux les pousseront à l’aide d’une carriole.
Douar Karia est l’un des trois villages pour lesquels Green Belgium a lancé un projet de développement autour de l’accès à l’eau, en partenariat avec l’Office National de l’Eau Potable (ONEP) du Maroc. Trois douars situés dans des régions et des contextes socio-économiques différents. « On a identifié que donner l’accès à l’eau, c’est faire sauter un premier verrou de développement, explique Luc Michiels, responsable du projet chez Green Belgium. De fait, ça permet d’améliorer les conditions de santé et d’hygiène puisque qu’on évite un tas de maladies liées à la consommation d’une eau souillée. En libérant les enfants de cette corvée, on ouvre la porte à une fréquentation plus régulière de l’école. Et pour les femmes, ce temps libéré peut être utilisé à des activités utiles à leur famille, à leur communauté. D’ailleurs, parmi les populations de ces villages la demande pour un accès correct à l’eau est permanente et criante. »

De l’eau potable pour tous

Douar Karia est un village très pauvre. Les 140 habitants vivent pour la plupart de l’agriculture. Coûte que coûte. Car ici, au grè des sécheresses ou des pluies diluviennes, les récoltes sont aléatoires. La borne fontaine la plus proche est à 2 km, dans le village voisin. Il suffirait pourtant d’1,5 km de tuyaux pour faire jaillir l’eau potable au centre de ce petit douar. Et pour la suite ? En étroite collaboration avec un élu local, Green planche sur une formation orientée vers des pratiques d’agriculture durable, à l’intention de ces jeunes dont la scolarité a été « sacrifiée » à la corvée d’eau.
A Zaouit, le second village du projet, les 750 habitants sont mieux lôtis : ils disposent de leur propre borne fontaine au centre du village. Mais une seule, c’est bien peu pour un gros bourg. Du coup, les navettes pour l’eau restent nombreuses. « Et les conditions de transport dans des bidons parfois douteux ainsi que les modes de conservation de cette eau destinée à la consommation ne sont pas toujours optimaux, raconte Luc Michiels. Ce village compte même une école de plus de 200 élèves, située à 300 m d’un château d’eau… mais sans raccordement. Conséquence : pas de sanitaires, un vrai souci de santé publique.» Ici, le projet vise un raccordement individuel de chaque habitation sur le réseau d’eau courante.

Pas d’hommes autour des bassins

Enfin, Green apporte son aide à Douar Tighfert, une grosse bourgade aux portes du désert qui compte trois bornes fontaines. Mais comme souvent, il faut payer leur gardien. Du coup, les habitants préfèrent des khettaras, des aqueducs traditionnels dont l’eau vient des sources montagnardes. Le problème, c’est que l’eau n’y est pas forcément potable. « Autour des bassins, seulement des jeunes filles, rapporte encore Luc Michiels. L’urgence, ici, est de donner un accès à une eau de qualité, essentielle pour la santé de ces populations, et de soulager les femmes de la corvée d’eau. Après les raccordements, il ne faudrait pas que les jeunes filles soient cantonnées à la maison. Sur ce terrain, nous marchons un peu sur des œufs. Et pourtant ces filles veulent fréquenter l’école ou s’inscrire dans une vie sociale active. Nous misons sur un partenariat avec une association locale pour faire avancer cette idée. »
Aujourd’hui, Green multiplie les démarches pour réunir des fonds. L’essentiel viendra de dons de Rotary Clubs. En septembre prochain, de jeunes occidentaux rencontreront à Rabat des Marocains du Parlement des jeunes et une quinzaine de jeunes qui font la corvée d’eau. « Nous espérons que ces délégations de la jeunesse du « Nord » prendront ensuite à cÅ“ur leur mission d’ambassadeurs du projet, pour sensibiliser dans leur pays, lancer des initiatives, voire collecter des fonds. Nous avons associé les intercommunales belges liées à l’eau CIBE (Compagnie Intercommunale Bruxelloise des Eaux) et IBDE (Intercommunale Bruxelloise de Distribution d’Eau). Notre idée est de montrer que des Partenariats Publics-Publics — en l’occurrence entre les intercommunales d’ici et celle du Maroc — sont des voies vers une reconnaissance et la concrétisation de l’eau comme un droit humain. Le droit à la vie, en bonne santé. » En effet, à l’heure où les Nations Unies lancent la Décennie de « L’eau, source de vie », n’oublions pas que 30 000 personnes meurent chaque semaine après avoir consommé de l’eau insalubre.

Pour en savoir plus:
Green Belgium, Luc Michiels, Rue Royale 171/3, à 1210 Bruxelles, T. 02 209 16 30, www.greenbelgium.org, www.porteursdeau.be, l.michiels@greenbelgium.org

Zone humide

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Zone humide : marais, fagnes, lacs, mangroves, et toute région où l’eau est le principal facteur qui contrôle le milieu naturel, la vie animale et végétale. Elle peut être naturelle, par exemple lorsque la nappe phréatique arrive près de la surface ou qu’il s’agit d’une étendue d’eau marine de faible profondeur. Ou artificielle: bassins de pisciculture, étangs agricoles, terrains d’épandage, canaux.