Articles du mois de janvier 2006

Minimex (Minimum de moyens d’existence)

2 commentaires »

Minimex (Minimum de moyens d’existence) : somme d’argent octroyée mensuellement par le CPAS aux plus démunis, selon certaines conditions.


Pneus dégonflés, pubs dénoncées, écrans muselés : Actions subversives ou salvatrices ?

14 commentaires »

Depuis quelque temps des citoyens osent et s’opposent à certains comportements spécifiques jugés « néfastes ». Ils visent un symbole – 4×4, télés, pubs… – et agissent symboliquement pour « un autre monde », seuls ou en groupe, de jour comme de nuit, sur un mode voulu « désopilant loin des discours rasoirs… » Mais qui sont-ils ? Et qu’en penser ? Présentation et prestations non-exhaustives.

Que diriez-vous d’une ballade impromptue dans ces endroits en tout genre où les télévisions pullulent ? C’est le nouveau créneau des « sans cravavates », une coordination d’anti-tv dont le mot d’ordre n’est rien d’autre que : « extinction des feux et libération des cerveaux »… Pour passer à l’action, une arme subversive de choix : le TV-B-GONE, une zapette repèrant les codes de plus de 300 marques de télévisions, conçue par Mitch Altman, un ingénieur électronique de la Silicon Valley. Résultat escompté : éteindre les télés en un clic et un clin d’œil. Cet engin ingénieux et ingénu est à dégainer à souhait face à tous les écrans qui s’offrent à vous et parsèment de plus en plus les lieux publics en tout genre. A savoir, les galeries marchandes, les aéroports, les universités, les banques, les restaurants, les bistrots, les salles d’attente, les soirées en familles ou entre ami-e-s…
Voici le témoignage de Rasta de la Victoria recueilli sur le blog des Tivibigoneurs-euses :
« Longue file d’attente dans cette banque où pour nous aider à passer le temps et nous pousser sans doute à prendre un crédit, une chaîne privée nous allèche de cette vie merveilleuse faite de 4X4, de yacht et de grande maison. Discutant nonchalamment dans la queue on dégomme. Bonne technique : en couple, passez simplement le bras autour du cou de votre partenaire, et visez depuis son épaule. (…) »
« À quoi ça sert ? Parce que tout le monde aime bien regarder la télé quand même…» diront les principaux détracteurs de ce gadget ? « Gardons seulement à l’esprit que le tivibigonage vise à lutter contre la téléphagie collective sur un mode humoristique. Et puis n’est-ce pas dans l’intérêt des grands magasins d’économiser de l’énergie en éteignant des murs entiers de télés ? » répondront les défenseurs.

Haro sur les 4X4…

Pour compléter ces prestations d’adeptes du changement triées sur le volet, n’oublions pas les actions anti 4X4 qui prennent une tournure tout aussi facétieuse, pour les anti 4X4 du moins…
Peut-être avez-vous déjà eut vent des « prouesses » de commandos mystérieux répondant aux doux noms de « Flagadas », « Dégonflés », « Raplaplas » ou « Mous de la roue »? Ces intrigants sévissent surtout de nuit à l’ombre des 4X4 bordant et envahissant les trottoirs de nos centres urbains…Ils déploient alors toute leur révolte en dégonflant les pneus des mastodontes ou en les revêtant de boue. Les modes d’actions peuvent aussi différer selon les endroits géographiques. En ce qui concerne les « Flagadas », vous pouvez également trouver sur leur site une kyrielle d’autocollants ornementaux (en français et néerlandais) à apposer à l’arrière des 4X4. L’objectif principal de ces interventions à ciel ouvert étant de « susciter le débat sur la présence des 4X4 en ville » qui entachent la « convivialité urbaine », sont un danger de poids sur la route et polluent en toute impunité. Pas plus que d’autres grosses cylindrées, ceci dit. Si elles ont un arrière-goût de lutte sociale (le 4×4 symbolisant aussi l’opulence), il se trouve aussi que ces prestations trouvent parfois davantage d’écho médiatique que les palabres. N’en déplaisent aux propriétaires furibonds desdits 4X4 qui peuvent néanmoins exprimer leur « mauvaise humeur » envers les « e-con-logistes » sur le forum des « Flagadas ».

Quelques fractions et actions anti-pub

Face à l’invasion publicitaire, de nombreux collectifs se sont également mis en place. Au programme : les barbouillages, c’est-à-dire des actions groupées au grand jour après un repérage des grands panneaux d’affichage à peinturlurer ou à accompagner de messages vindicatifs et revendicatifs. Les actions accomplies et à venir sont notamment recensées sur le site de la fraction belge « Résistance à l’agression publicitaire » (RAP).

D’autres actions à venir… ?

Bien entendu ces prestations ennuyo-amusantes pour « un autre monde » sont loin d’être les seules. Nombre d’idées et d’initiatives fourmillent. A quand un « phone-b-gone » spécialement destiné à couper court à la discussion de votre voisin de banquette discutant au GSM avec sa meilleure amie, en plein spectacle? Quitte à risquer quelques « dommages collatéraux », comme celui de priver un innocent, en ligne avec son futur employeur, d’un entretien d’embauche.
A quand un « light-b-gone » pour éteindre en un zip toutes ces lumières qui restent allumées dans les bureaux, les galeries marchandes, les vitrines… ? Quitte à risquer que le garde qui y patrouille trébuche dans une poubelle. Reste aussi à voir si toutes ces actions sont réellement constructives et incitatives pour changer certains comportements. Et pour se dire qu’économiser l’énergie et restaurer des espaces de convivialité, d’échange et de réflexion n’est pas exclusivement l’affaire de quelques noyaux isolés et déterminés… Qu’en pensez-vous ? Laissez-nous vos commentaires…

Hélène Mori

Pour en savoir plus :


Puits canadien ou puits provençal

1 commentaire »

(voir les sites www.ideesmaison.com et www.ekopedia.org) est un système qui permet non seulement de réduire les températures en été avec une moindre consommation électrique mais également de diminuer la consommation de chauffage en hiver. Le principe de cette climatisation naturelle consiste à utiliser l’inertie thermique du sol à l’aide d’un tuyau enterré à plus ou moins 2 mètres de profondeur pour prélever l’air à l’extérieur et le faire circuler ensuite pour ventiler les bâtiments. Sachant qu’en moyenne, la température du sol à 2m profondeur est d’environ 15° en été en 5° en hiver, le puits canadien évite les incontournables déperditions d’énergie et une climatisation à tout va.


Idées s(c)olaires et salutaires : Invitation au voyage…

3 commentaires »

Coup de projecteur sur quelques établissements s(c)olaires durables qui donnent à voir en ces temps gris et maussades. Histoire de se revigorer et de s’inspirer de ces bâtiments scolaires innovants en matière d’énergies renouvelables.

En ce qui concerne la qualité environnementale des bâtiments ou «Greenbuilding », l’Allemagne, la Suisse, le Canada, l’Angleterre ou les pays nordiques font souvent figure de pionniers. Voici donc l’occasion de glaner quelques exemples d’éco-établissements scolaires en dehors de nos frontières. Et c’est promis la Belgique sera à l’ordre du jour très prochainement avec un article consacré à l’Institut Robert Schuman, situé à Eupen.

L’Allemagne offre en effet un cocktail détonnant d’initiatives et d’alternatives en matière d’aménagement durable des établissements scolaires. Le lycée Schickhardt, par exemple, niché au cœur de la petite ville d’Herrenberg dans le Bade-Wurtemberg, est équipé d’une centrale solaire avec pas moins de trente panneaux photovoltaïques. Pour compléter cet ensemble, un panneau électronique, situé dans le hall d’entrée du lycée, indique aux élèves la production d’électricité en temps réel. En montrant la quantité de tonnes de gaz carbonique qui n’a pas été envoyée dans l’atmosphère, ce panneau a évidemment une forte vocation pédagogique. Cette approche dite d’architecture écologique a été justement récompensée en 2002, année où la ville d’Herrenberg s’est vue décerner le prestigieux prix environnemental par le Climate Action Network (Réseau d’association de lutte contre les changements climatiques). Herrenberg a été retenu pour la qualité de ses actions en faveur de l’électricité solaire.

De l’Allemagne à la France

Ces éco-établissements ne se distinguent pas seulement par des capteurs solaires pour l’eau chaude sanitaire. L’architecture «organique » recouvre aussi d’autres aspects en matière d’intégration de matériaux et outils respectueux de l’environnement. Concrètement ce souci de l’environnement se traduit par des matériaux peu énergivores issus de filières locales, l’utilisation de peintures labellisées, une réutilisation des déchets ou encore une gestion de l’eau pluviale par drainage ou à l’aide de toits végétalisés…

En France, les établissements scolaires, les collectivités locales et les logements sociaux représentent à eux seuls 75% des opérations en aménagements durables. C’est dire l’importance que recouvrent la réhabilitation et la construction d’établissements scolaires peu énergivores. Contrairement à l’Allemagne, la France s’est d’ailleurs fendue d’une labellisation ou démarche en matière d’aménagement durable des établissements scolaires : la Haute Qualité Environnementale (voir Glossaire) . Cette démarche intègre la préoccupation environnementale tout au long du cycle de vie du bâtiment (de sa construction à sa démolition). Derrière ce terme un peu pompeux de « haute qualité environnementale » se cache une prise en compte de l’impact d’un bâtiment sur son environnement intérieur et extérieur se traduisant par un renouvellement des conceptions architecturales et urbanistiques. Un exemple parmi tant d’autres : le lycée H.Q.E du Pic Saint Loup, près de Montpellier, conçu par l’architecte et urbaniste Pierre Tourre. Un site spécialement destiné à cet établissement scolaire en explique les avancées : « C’est une architecture essentiellement fonctionnaliste, jouant avec l’ombre et le soleil, la couleur et la nature environnante. À cela s’ajoute donc aujourd’hui, une volonté d’utiliser les ressources naturelles à bon escient. » Ici, le lycée mise entre autres sur une ventilation naturelle afin de renouveler l’air intérieur des classes. Un système de « puits canadien » (voir Glossaire) utilise de manière passive l’énergie géothermique pour rafraîchir la cyber médiathèque en été, et chauffer les locaux en hiver. Enfin, l’exposition judicieuse de l’établissement scolaire confère une « qualité et optimisation de la lumière naturelle propices à des économies d’énergies… »

Encore plus loin

Toujours dans l’hexagone – où le ministre de l’Education G. de Robien a promis une dizaine d’établissements « éco-responsables » à l’horizon 2005-2010 – notons aussi la construction de la nouvelle école de Saint-Waast à Valenciennes. Cette école sera pilote dans la mesure où elle deviendra le premier établissement français à respecter les 14 critères HQE (voir Glossaire). Le projet table sur tout un arsenal « technico-écologique » allant de l’utilisation de linoléum pour les revêtements de sols à base d’huile de lin, de farine de bois, de résines naturelles à l’éclairage naturel des salles de cours, en passant par l’habituel (?) préchauffage de l’eau sanitaire par des capteurs solaires. Il vise également à s’inscrire dans un projet global de restructuration du quartier. Mais ce n’est pas tout ! Les concepteurs du projet comptent bien déployer d’autres matériaux novateurs comme l’allumage des pièces par radars de présence ou une robinetterie à déclenchement infrarouge… Tout cela pour la « bagatelle » de 7 741 820 euros HT. Le coût total de l’opération devrait néanmoins être compensé à terme par des économies d’eau, de chauffage, d’électricité.
Malgré tout, la France ne fait pas cavalier seul dans les effets d’annonce concernant la construction d’établissements « éco-responsables ». Le premier établissement scolaire durable devrait également voir le jour à Montréal. En prime, la performance énergétique de ce bâtiment sera a priori 60% supérieur à la norme nationale.

Technique écolo-pédagogique

Évidemment, au-delà de la technique, l’établissement scolaire utilise ses innovations à des fins pédagogiques. Les enfants, les parents, les enseignants et autres utilisateurs du site restent les spectateurs et acteurs directs des matériaux, matériels et projets mis en oeuvre. Les élèves seront ainsi encouragés à cultiver des potagers et vergers dans l’enceinte de l’école de Saint-Waast, à installer des nichoirs… Au sein du lycée allemand de Schickhardt, un groupe de travail a travaillé sur le thème « construire ». Au cours de ce projet, les lycéens ont pu planifier et construire virtuellement leur maison du futur tout en respectant certains critères déterminants d’économies d’énergie, déterminés au préalable par leurs camarades. Ces démarches offrent donc aux établissements scolaires une nouvelle occasion de s’orienter vers l’éducation à l’environnement et de démontrer la nécessaire cohérence entre leur discours et leurs actes. Autre espoir du ministre français :
Cette prise de conscience environnementale « pourrait donner, aux yeux des élèves, un supplément de sens à de nombreux enseignements ».
Pour autant finit l’école buissonnière ?

Hélène Mori

Pour en savoir plus :

  • Réseau d’association de lutte contre les changements climatiques
    Climate Action Network (CAN) : www.climatenetwork.org
  • Politis, Hors série n°42, novembre décembre 2005, Face à la crise L’urgence des énergies renouvelables, « L’Allemagne un cas d’école » par Patrick Piro
  • www.ecohouse.be pour promouvoir la qualité environnementale dans le secteur de la construction
  • http://www.assohqe.org/
  • Profitez d’une visite en images du lycée H.Q.E du Pic Saint Loup : http://www.archicool.com/expos/tourre.mov

LaRevueDurable

Aucun commentaire »

Revue francophone sur l’écologie et le développement durable, LaRevueDurable propose dossiers, interviews, réflexions et bien d’autres informations utiles dans le domaine. Des spécialistes s’y expriment, offrant une approche interdisciplinaire et de qualité.

LaRevueDurable, ce sont des articles et dossiers vulgarisés abordant des thèmes liés à l’écologie et au développement durable. Ce sont également des réflexions sur les changements d’attitudes en vue d’une consommation plus raisonnable, des interviews de personnalités engagées, des conseils côté lecture… Le tout enrobé d’une mise en page attrayante, de photos et d’illustrations.

Publiée en Suisse, ce bimestriel est également disponible au prix de 9€ dans les kiosques belges et français et par abonnement pour le reste du monde.

Plus d’infos sur le site www.larevuedurable.com