Articles du mois de juillet 2006

Multinationale

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Une entreprise implantée dans au moins deux pays. Les 200 plus importantes contrôlent un quart de l’activité économique mondiale.
(Définition publiée dans la revue Globo, juin 2006)


Pression interne, effets externes

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“En Chine, ils cousent debout !�, rétorque-t-on aux travailleurs thaïlandais qui ont l’audace de se plaindre des longues heures de travail passées derrière leur machine à coudre. En Belgique ou ailleurs, la menace de délocalisation est ainsi brandie face aux syndicats. On met aux prises les travailleurs et les gouvernements, le Nord contre le Sud, mais aussi le Sud contre le Sud.

En Asie, la Chine et le Vietnam captent la plupart des investissements étrangers, au détriment de pays comme l’Indonésie et la Thaïlande. Ces flux d’investissement sont le résultat d’une libéralisation croissante du commerce, mais également de la compétition que se livrent les pays pour offrir le meilleur “climat d’investissement�.

La taille et la destination des d’investissements sont liées aux secteurs et déterminées par différents facteurs: les avantages financiers, les accords commerciaux, les facilités de transport, le marché du travail dans le pays… et le poids des syndicats. Une entreprise décidera d’investir là où elle obtiendra une production efficace à moindre prix, ainsi qu’une position de poids sur le marché. Fermer une usine est relativement facile, cette facilité étant d’ailleurs souvent l’une des conditions accordées à l’investissement. Les fermetures sont courantes dans le secteur de l’assemblage qui nécessite peu d’investissement et pour lequel seule la main d’oeuvre ne doit pas d’être importée.

Les multinationales asiatiques prennent de l’importance : dans des pays comme le Cambodge ou l’Indonésie, la majeure partie des investissements sont issus d’entreprises du Japon, de Corée du Sud, de Taïwan, Singapour ou Hong Kong. Ces entreprises, dont les activités s’étendent aussi au reste du monde, sont réputées pour leurs conditions de travail déplorables.

Enquête internationale

Investir, délocaliser, restructurer : des actions compréhensibles, presque prévisibles, au regard de l’état financier de l’entreprise. Mais il ne faut pas nécessairement que l’entreprise soit en difficulté pour agir de la sorte.

Le Réseau Asiatique pour le Monitoring des Multinationales Asiatiques (Asia Monitor Resource Center, AMRC), dont le siège est à Hong Kong, est une organisation partenaire d’Oxfam-Solidarité. Elle tente de récolter des informations sur ces pratiques et de les transmettre aux travailleurs.

Les syndicats qui maîtrisent les questions liées aux finances des entreprises, aux lois et réglementations locales, sont dans une position bien plus forte durant les négociations. Ils peuvent aussi exercer une plus grande influence sur les décisions touchant à l’entreprise lorsqu’ils rentrent en contact avec les syndicats de la maison-mère ou d’autres pays où l’entreprise a investi.

Analyse par les travailleurs

Le jeune réseau AMRC est actif dans 14 pays, et compte 25 membres.

> La recherche-action menée par les travailleurs – avec le soutien d’une équipe de chercheurs – constitue une part importante des activités. Pour les syndicats, le fait de rechercher, d’analyser et de rendre compréhensibles les données issues du secteur automobile, du textile et de l’électronique forme un premier volet d’action. Qui doit s’accompagner par une connaissance du marché du travail et des lois locales sur le commerce et l’investissement. L’AMRC réunit ces informations et les partage avec un réseau, dans un annuaire disponible sur son site (www.amrc.org.hk).

> La formation est le second grand volet d’action. Lorsqu’un problème émerge ou lorsqu’il faut être proactif (comme dans des campagnes), il faut pouvoir faire appel aux connaissances et à d’autres aptitudes : le fonctionnement optimal de la communication, l’organisation d’actions spécifiques, le recours aux médias, le poids de la mobilisation ou la solidarité forte et immédiate sont ici des facteurs importants. Grâce à cela, les travailleurs peuvent agir et avoir leur mot à dire sur la mobilité des investissements.

De l’analyse à l’action

Peu à peu, le réseau asiatique passe aux actions concrètes. Il organise des actions de solidarité liées aux violations des droits du travail. Ainsi, sur base d’informations récoltées par le réseau, les syndicats coréens mènent une campagne dans leur pays sur la violation, par les entreprises coréennes, des législations du travail dans les pays asiatiques où elles sont implantées. Ces actions montrent que les travailleurs s’organisent à travers les entreprises et qu’ils sont un facteur dont il faut tenir compte.

A terme, des revendications structurelles seront formulées sur base de recherches menées sur différentes entreprises, en lien avec une mobilisation régionale.

Une nouvelle manière de travailler

La manière de travailler du réseau diffère de celle des syndicats traditionnels. Il y a tellement de syndicats et d’ONG membres que l’arsenal des mécanismes syndicaux traditionnels s’en trouve élargi. En outre, les recherches sont menées par les travailleurs. Ils sont donc le moteur de l’action, ce qui augmente leur motivation, leur mobilisation et la qualité de leur argumentation.

Le réseau veut dépasser les campagnes tournées vers les consommateurs, qui tirent souvent sur les grandes marques pour faire pression au niveau de la sous-traitance. Dans un secteur de plus en plus compétitif comme celui du textile, cette tactique a de moins en moins de chance de succès.

Ensemble, tous ces éléments augmentent fortement la force de frappe des travailleurs. La pression interne, portée par un mouvement syndical solidaire et bien organisé, est toujours plus efficace que la pression extérieure. C’est ici qu’agit l’AMRC.

Hilde Van Regenmortel, coordinatrice du programme Asie du Sud-Est, Oxfam solidarité
Article publié dans la revue Globo, juin 2006

Photo : Tineke D’haese

Pour en savoir plus, lisez le dossier « Stop aux cadeaux empoisonnés » de la revue Globo n°14 (06/2006)

Le Développement durable sera dans la Constitution, et alors ?

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Le 13 juillet dernier, le Sénat adoptait l’inscription du développement durable dans la Constitution. Mais qu’est-ce que cela va changer dans le quotidien des Belges ? Pourront-ils l’invoquer devant les tribunaux ? Est-ce réellement « original » ? Réponse avec Marc Pallemaerts, professeur de droit de l’environnement à l’ULB.

Constitution, Article 7bis :
« Dans l’exercice de leurs compétences respectives, l’État fédéral, les communautés et les régions poursuivent les objectifs d’un développement durable, dans ses dimensions sociale, économique et environnementale, en tenant compte de la solidarité entre les générations. »

L’introduction du développement durable dans la constitution belge, qu’est-ce que cela va changer concrètement ?

Concrètement pas grand chose. La disposition constitutionnelle telle qu’elle a été rédigée n’aura pas d’effets directs, précis. Cependant, symboliquement c’est important. Cela renforce l’assise institutionnelle du développement durable au niveau fédéral, et cela devrait orienter les politiques communautaires et régionales. La constitution est la seule norme qui lie tous les niveaux de pouvoirs.

Vous ne pourrez pas invoquer devant les tribunaux le développement durable comme étant un droit ?

Non, cela est d’ailleurs précisé dans « les développements », c’est-à-dire les raisons pour lesquelles les sénateurs ont déposé cette proposition de modification. Cela dit cet article peut par ailleurs servir d’interprétation d’autres normes plus spécifiques, comme le droit à la santé, à un logement décent,…

La Constitution est la norme qui définit nos droits fondamentaux. Le développement durable ne sera pourtant pas encore le droit fondamental de chaque Belge ?

justice gd
Non, car la Constitution est divisée en différents « titres » et « chapitres » : un définissant le cadre institutionnel, un autre les droits fondamentaux, etc. Ici, le Sénat à décidé de créer un nouveau chapitre, définissant les objectifs généraux de la politique publique.

C’est justement ce que reprochait l’Ecolo Isabelle Durant, qui s’est abstenue de voter pour cette modification, en soulignant que la Constitution n’était pas un catalogue de bonnes intentions, mais une charte des droits et des lois fondamentaux. Qu’en pensez-vous ?

Il est vrai que cela reste « une intention », et que, historiquement, chez nous, on n’avait jamais mis d’objectif dans la Constitution, alors que cela se fait dans beaucoup d’autres pays. Certes, en créant ce chapitre, les auteurs n’ont pas voulu d’effets immédiats. Mais ce n’est pas sans intérêt pour autant, car ce nouveau chapitre comprend un seul article, ce fameux article 7bis relatif au développement durable. Autrement dit, actuellement, sous l’intitulé constitutionnel « objectifs généraux de la politique publique », seul le développement durable est spécifié.
L’autre originalité, c’est qu’ici l’on rappelle bien les trois dimensions du développement durable – économique, sociale et environnementale – ainsi que la solidarité entre les générations. Dans d’autres Constitutions – suisse, norvégienne, polonaise …- nous trouvons aussi des évocations du développement durable, mais dans un contexte uniquement environnemental.

Pourrions-nous néanmoins rêver de pouvoir un jour invoquer notre « droit au développement durable » devant un tribunal ?

Non, pas en ces termes, c’est trop général que pour être opérationnel. Cela équivaut par ailleurs à la pleine application des droits économiques, sociaux et environnementaux, à mon sens déjà garantis par l’article 23 de la constitution : chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine : le droit au travail dans des conditions et à une rémunération équitables ; le droit à l’aide sociale, médicale et juridique ; le droit à un logement décent ; à la protection d’un environnement sain ; à l’épanouissement culturel et social…

En savoir plus:
- La constitution belge : http://www.senate.be/doc/const_fr.html

L’avenir de l’environnement en Afrique

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Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) sort un rapport pour la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CMAE) intitulé « L’avenir de l’environnement en Afrique 2 – Notre environnement, notre richesse » (Africa Environment Outlook 2 – Our environment, our wealth).

En 542 pages, ce rapport présente une évaluation complète de l’état et des perspectives pour l’environnement ainsi que les implications pour le bien-être humain et le développement. Il se compose de cinq sections: environnement et développement; statut et tendances de l’environnement; rétrospective des 20 dernières années ; défis émergents ; perspectives ; et options politiques.


Partenariats ONG / entreprise : une coopération sans compromission

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poignee de main Les relations entre monde marchand et société civile ont évolué. Pour avancer vers le développement durable, on passe progressivement d’une stratégie de confrontation à une optique de collaboration. La multiplication des partenariats entre ces acteurs le démontre.

Les entreprises ne peuvent plus agir en quête de leur unique profit économique. La société, et les multiples « parties prenantes » (salariés, actionnaires, clients, fournisseurs…) leur demandent des comptes. Mieux vaut pour elles y répondre, au risque de voir leur précieuse image de marque dégringoler subitement.
Elles doivent donc considérer les impacts sociaux et environnementaux de leurs activités. Autrement dit, intégrer le développement durable au sein de leur fonctionnement, et devenir des « entreprises responsables ». Mais comment ? Une possibilité qui s’offre à elles est de coopérer avec des ONG.

Une soumission librement consentie

Gilberto Ortiz, de Red Puentes Chili, a passé sous la loupe le discours de 78 entreprises de son pays – représentant 40% du PIB chilien. Suivant de nombreux critères, il a regroupé les actions responsables vantées par les sociétés selon cinq dimensions. Sur l’ensemble de ces actions, seulement 1% influent sur la gestion éthique de l’entreprise, qui est le fondement même des valeurs et de la ligne directrice de la boîte. Par contre plus de 50% sont de la philantropie, c’est à dire un don d’argent à une bonne oeuvre, sans nécessairement changer quoi que ce soit au sein même de l’entreprise.

Certains de ces partenariats sont particulièrement aboutis et comportent des engagements forts. C’est le cas entre le groupe de grande distribution Carrefour et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH). Initié par le premier, ce partenariat visait à l’adoption et au contrôle de l’application d’une « charte fournisseur ». Loin d’une simple déclaration de principes, il s’agit d’un vrai contrat : les fournisseurs doivent s’engager à respecter les droits de l’homme tout au long de leur processus de production, en particulier les droits au travail et dans le travail. Sinon ? Fini ! Plus de relations commerciales avec Carrefour. Pas non plus question d’un engagement à la carte : la FIDH exigeait de la part de son partenaire qu’il s’engage globalement, et non sur quelques droits particuliers.

« Belle opération de marketing ! » siffleront certains. Même s’il est clair que des partenariats avec des ONG sont engagés par des entreprises plus soucieuses d’une amélioration de leur image que de l’environnement ou des droits de l’homme, on en est loin ici. Et pour cause : pas question pour Carrefour de se prévaloir de cet engagement pour se montrer sous son meilleur jour. C’était une des conditions requises par la FIDH. De fait, sur le site institutionnel de Carrefour, un court paragraphe aborde le sujet. Rien de moins, mais rien de plus. Par contre, en cas de manquement à ses engagements, la FIDH pourra tourner les projecteurs médiatiques sur son partenaire défaillant.

Des partenariats « light »

Mais le partenariat d’une chaîne de distribution avec une ONG peut être bien moins contraignant. Les magasins U, en France, sont associés à Action contre la faim depuis 1999. L’entreprise propose aux clients détenteurs de sa carte de fidélité de reverser une partie de leurs points pour les projets caritatifs de l’ONG. Deux mois sur l’année, les magasins U s’engagent à doubler le nombre de points offerts par les clients. Le tout … à grand renfort de publicité ! C’est donc tout bénéfice : pour Action contre la faim, qui s’est vu offrir 1 200 000 euros en 2005, mais aussi – surtout ? – pour les magasins U, dévoilant un profil philanthrope.

Accor aussi a préféré emprunter une voie plus douce. La chaîne hôtellière a choisi de mettre en place des actions de communication et de sensibilisation de son personnel à la cause de Plan International, et met à disposition de ses clients les brochures de l’organisation.

… et des échecs

En 2003, l’entreprise papetière « Asia Pulp and Paper » est mise sur la sellette par ses principaux clients, révoltés par la déforestation massive dont elle est responsable. Considérant qu’il était temps de réagir – mais avait-elle vraiment le choix ? – elle demanda un partenariat avec le WWF. L’initiative venant d’APP, l’optimisme était de mise quant au succès de la collaboration. Les dégâts déjà engendrés par APP poussèrent le WWF à poser certaines conditions, dont le respect aboutirait à la conclusion d’un véritable accord. Résultat ? APP ne tint jamais ses promesses et l’entente tourna court. Plus question de coopération : WWF en appela aux clients et créanciers d’APP pour qu’ils fassent pression sur l’entreprise.

Pour une coopération sans compromission

Ni les ONG, ni les entreprises, ne peuvent répondre seules aux enjeux du développement durable. Les entreprises ont besoin de la connaissance de terrain que possèdent les ONG, de la crédibilité dont elles jouissent au sein de l’opinion publique. Et les ONG sont intéressées à ce que le secteur privé améliore ses pratiques, et au passage sensibilise son public et ses membres, voire lache le cordon de la bourse.
Mais l’évolution des relations entre ONG et entreprises, de la confrontation au partenariat, interpelle. Comment faire pour que des ONG n’y « perdent leur âme » ? Il importe de clarifier la raison d’être de ces partenariats. S’agit-il d’un simple coup de pub au bénéfice de l’entreprise ou d’un véritable engagement, structurel et à long terme, en faveur du développement durable ? Comment faire pour qu’entreprises et ONG collaborent sans perdre de vue leurs spécificités et le fait qu’elles ne poursuivent certainement pas les mêmes objectifs ? Peut-on s’allier avec n’importe qui ? Autrement dit, la fin justifie-t-elle les moyens ? Certes non. La collaboration entre l’Unicef et Mac Donald’s lors de la « journée mondiale des enfants » a été – à raison – abondamment critiquée. Enfin, attention aux BINGO’s ! Représentant des intérêts commerciaux, ces « business initiated / interest non governmental organizations », sont, sous l’apparence d’ONG, de simples lobbies économiques.
Il importe, pour que ces partenariats soient légitimes, qu’un rapport de force équitable les sous-tende, que les règles qui les régissent soient conçues en commun, que la spécificité et la complémentarité des interventions, savoirs, et objectifs des acteurs soient reconnus et acceptés comme tels.

Elodie Gérard

Pour en savoir plus :
Site d’information pour les acteurs de l’économie responsable : www.novethic.fr

Chine et Inde au cœur de « L’Etat de la planète »

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À une époque où les pays émergents se dirigent à pas de loups vers un modèle de croissance identique à celui des pays d’Occident, les enjeux environnementaux sont souvent relégués au second plan. Monde qui bouge s’est penché sur l’ouvrage « L’Etat de la planète 2006 », faisant un « Gros plan sur la Chine et l’Inde ».

L’Inde et la Chine, les deux pays les plus peuplés au monde, sont en plein essor économique. Le taux de croissance en moyenne de la Chine s’élève à 9,8% ces vingt dernières années. Celui de l’Inde atteint les 6% depuis dix ans. En s’immisçant dans la cour des « grands », l’Inde et la Chine pèsent également lourd dans la balance écologique, d’autant que la population de ces deux états émergents représente 40% de la population mondiale.

En 2005, la Chine a utilisé 26% de l’acier brut, 32% du riz, 37% du coton et 47% du ciment produits dans le monde.

Les Etats-Unis, les pays de l’Union européenne, le Japon, l’Inde et la Chine ont besoin à eux seuls de 75% de la biocapacité de la planète. L’empreinte écologique moyenne d’un Chinois (1,6 hectares) ou d’un Indien (0,8) est inférieure à la moyenne mondiale de 2,3 hectares. Au-dessus de 1,9 hectare en moyenne par personne, la capacité biologique de la planète est déjà dépassée. À titre comparatif, celle d’un Japonais ou d’un Européen est de 4,5 hectares (le Belge, lui, approche les 5 hectares) et celle d’un Américain s’élève à 9,7 hectares. Cependant, d’ici 2030, l’empreinte écologique d’un Chinois ou d’un Indien devrait atteindre celle d’un Japonais aujourd’hui. Ce qui signifie que l’Inde et la Chine auront besoin à elles seules de la planète entière pour répondre à tous leurs besoins !

Face à la croissance économique, le développement humain

Parallèlement à la croissance fulgurante des économies chinoise et indienne, le développement humain et les conditions de vie des populations ont subi certaines évolutions positives, bien que beaucoup reste à faire. La Chine est actuellement classée en 85ème position (sur 177) dans l’échelle de développement humain, faisant un bond de 20 places en près de 15 ans. L’Inde reste à la traîne puisqu’elle se place en 127ème position.

Le nombre d’Indiens vivant dans l’extrême pauvreté, avec moins d’un dollar par jour, est passé, en 20 ans, de 50% à 35% de la population totale. En Chine, cette différence est plus frappante, puisque ces chiffres passent de 75% à 17%. Si la Chine a réussi à sortir 250 millions de personnes de la pauvreté en 25 ans, les inégalités des revenus, par contre, augmentent. L’écart des fortunes se marque surtout entre les populations rurales et urbaines. De plus, la malnutrition frappe encore 140 millions de Chinois et 250 millions d’Indiens.

En Chine, un rapport gouvernemental officiel révèle que sur 500 villes chinoises, seulement la moitié a accès à l’eau potable et près de 200 ne disposent pas d’un traitement adéquat des eaux usées. En Inde, seuls 10% des eaux usées sont traitées et il arrive souvent que les polluants urbains et industriels soient versés directement dans les voies d’eau.

Des alternatives pour une planète qui ne peut plus attendre

L’urgence d’agir : 87% des glaciers de la péninsule Antarctique ont reculé au cours du dernier demi-siècle. Le taux de déforestation de l’Amazonie brésilienne a augmenté de 6% en un an (2004-2005), ce qui représente une perte de 26 000 km2, soit la surface de la Belgique. D’ici la fin du siècle, la température pourrait augmenter de 2 à 11°C , à cause des émission de gaz à effet de serre.

Puisqu’ils ne font qu’entamer le chemin parcouru auparavant par les pays industrialisés, pourquoi ne pas imaginer que l’Inde et la Chine, abritant presque la moitié de la population mondiale, empruntent une trajectoire différente vers un développement respectant davantage les populations et l’environnement? Pour ce faire, la démocratie et l’innovation sont deux vecteurs de taille. L’implication des Etats-Unis, le plus grand pollueur du globe et la première puissance économique, est également incontournable. De tels espoirs semblent être étouffés par les objectifs principaux de ces gouvernements, régit comme la plupart des gouvernements, par des impératifs économiques et de sécurité nationale, plutôt que par des impératifs globaux de développement durable.

Mais heureusement, des débats ont lieu, en Inde comme en Chine, sur les voix à suivre pour aller vers un développement approprié, pas nécessairement calqué sur le Nord. Des alternatives se font progressivement connaître, comme par exemple la mise en place d’un ingénieux système d’autobus en site propre ou l’utilisation de vélos électriques en Chine ; comme les approches novatrices de gouvernance participative au Kerala (Inde). Car s’il montre, chiffres à l’appui, les dérives de notre développement, l’ouvrage « L’Etat de la Planète 2006 » démontre également qu’il est encore temps de changer de paradigme, en Asie comme ailleurs.

Christophe Dubois et Céline Teret

Article rédigé sur base de l’ouvrage « L’Etat de la planète 2006 : Gros plan sur la Chine et l’Inde » de l’Institut Worldwatch.

Biocapacité

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La biocapacité (ou capacité biologique) est la capacité de production biologique utilisable d’une surface biologiquement productive, sur un an. C’est la superficie totale de terres et de mers écologiquement productives. Elle est souvent exprimée en hectares.


Biocarburants

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Les biocarburants sont des carburants produits à partir de matière végétale et d’autres matières premières renouvelables, issus de la biomasse. Actuellement, les biocarburants les plus utilisés sont l’éthanol, surtout (90% de la production mondiale des biocarburants), et le biodiesel (ou diester).

L’éthanol est produit à partir de plantes agricoles (blé, maïs, betterave, canne à sucre,…). Le biodiesel résulte quant à lui de l’extraction d’huiles végétales de colza, tournesol, palmier,…Ces huiles sont alors transformées en carburants très similaires au diesel. L’éthanol et le biodiesel sont surtout utilisés comme carburants pour les véhicules à moteur et peuvent se substituer complètement ou en partie à des carburants pétroliers.


Agenda 21 (Action 21)

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Programme d’action de développement durable pour le 21ème siècle. L’Agenda 21 (ou Action 21), fut rédigé lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992. C’est une sorte de guide, de plan mondial adopté par les pays signataires de la Déclaration de Rio (plus de 170) et qui les engage à agir tant au niveau international que national, régional et local. Le but de l’Agenda 21 est donc que les gouvernements, les entreprises, les organisations sociales et toute une série d’autres acteurs oeuvrent de manière concrète pour parvenir à un équilibre entre protection de l’environnement et croissance économique, tout en luttant contre la pauvreté et les inégalités.

L’Agenda 21 est composé de 4 sections (1/ social et économique ; 2/ conservation et préservation des ressources ; 3/ participation des grands groupes ; 4/ mise en œuvre de moyens) et de 40 chapitres, parmi lesquels la modification des modes de consommation, la protection et la promotion de la santé, la lutte contre le déboisement, la préservation de la biodiversité biologique, le renforcement du rôle des population autochtones ou encore la promotion de l’éducation.

Lien vers le texte de l’Agenda 21.


Sommet de la Terre II (Johannesburg)

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Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg (Afrique du Sud) qui a eu lieu en août-septembre 2002. Plus communément appelé Sommet de la Terre II ou Sommet de Rio + 10 (10 ans après le Sommet de Rio). Cette nouvelle réunion entre chefs d’Etat ou leurs représentants en provenance de près de 200 pays a également accueilli des milliers d’autres participants (ONG, entreprises,…). Le Sommet de la Terre II avait pour but de dépasser le stade initial des bonnes intentions par des engagements chiffrés et datés. D’autant que le bilan, 10 ans après le Sommet de Rio, était loin d’être positif. Lors du Sommet de la Terre II, un Plan d’action en 152 points fut adopté afin de lutter contre la pauvreté et de protéger les ressources naturelles de la planète. Un plan insuffisamment contraignant aux yeux des ONG.