Articles du mois de juillet 2006

Sommet de la Terre (Rio)

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Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement qui s’est tenue à Rio de Janeiro (Brésil) en juin 1992. Ce Sommet de la Terre (ou Sommet de Rio) réunira plus de 170 pays, dont 108 chefs d’Etats, ainsi que des représentants d’organisations non gouvernementales et d’entreprises. Une véritable prise de conscience collective vis-à-vis des enjeux du développement durable va s’opérer et plusieurs textes verront le jour, tels que la Déclaration de Rio, l’Agenda 21 ou encore la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.


Rapport Brundtland

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Rapport intitulé « Notre avenir à tous » qui fut présenté en 1987 par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland, alors Premier ministre et Présidente de la Commission mondiale pour l’environnement et le développement (CMED). Il fut commandé trois ans auparavant par l’Assemblée des Nations Unies et confié à un groupe d’experts réunis dans la CMED.

Ce rapport tire la sonnette d’alarme et appelle à un projet de développement mondial respectant l’environnement comme condition afin de poursuivre la croissance économique et l’exigence de justice sociale. C’est dans ce rapport qu’apparaît pour la première fois la notion de « développement durable ».

Lien vers le texte du rapport Brundtland.


La mobilité sort ses cartes

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Ça bouge côté mobilité durable. Alors que les cinq ministres belges de la Mobilité envisagent sérieusement la création d’un ticket unique pour les transports en commun, germe ça et là l’idée de cartes visant à faciliter la vie des utilisateurs de transports publics en Belgique. Avec le renfort des nouvelles technologies, ces cartes réussiront-elles à répondre aux défis de demain en matière de mobilité ?

Bientôt la fin des tickets de transports accumulés dans le fond de sa poche après être passé d’un bus wallon, au train, pour terminer dans le métro bruxellois ? C’est en tout cas le souhait des cinq ministres de la Mobilité en Belgique, qui se sont mis d’accord pour qu’un ticket unique voit le jour d’ici 2010. Cette intégration des différents systèmes tarifaires devrait concerner les sociétés de transports publics TEC, De Lijn, STIB et SNCB. Mais le ticket unique n’impliquera cependant pas une uniformisation des tarifs sur tout le territoire : les sociétés de transports publics garderont leur autonomie.

À terme, ce ticket unique pourrait également concerner la location de véhicules à la demande (Cambio), le Thalys et le parking. Un simple ticket pour faciliter la vie des citoyens et, surtout, les inviter à utiliser davantage les transports en commun. Mais les cinq ministres ne sont pas les seuls à avoir sorti leur carte du jeu de la mobilité. D’autres initiatives existent, souvent encore au stade de projet.

« Hypermobil », un exemple d’écopass

C’est le cas de la carte Hypermobil, proposée par le parti Ecolo. Au premier coup d’œil, cette carte ressemblerait à une carte de crédit. Mais sa puce offrirait un paquet de possibilités : un accès à tous les réseaux de transports en commun, ainsi qu’une utilisation auprès des sociétés de taxis, de car-sharing et de location ou de prêt de vélo. Une sorte d’Ecopass, en somme, qui forcerait les sociétés de transports publics à trouver un accord vers plus d’efficacité.

À l’heure où 500 000 immatriculations voient le jour chaque année en Belgique, dont 50% pour des voitures de société, la carte Hypermobil agirait aussi comme alternative à la voiture de société. Ecolo propose en effet que les entreprises alimentent la carte Hypermobil de leurs employés avec les mêmes montants qui servent au financement d’une voiture de société. Les entreprises bénéficieraient également des mêmes avantages fiscaux que ceux qu’ils perçoivent actuellement pour leurs véhicules de société.

Vers la carte unique axée nouvelles technologies

Peu de doutes là-dessus : le titre de transport est amené à se moderniser, à surfer sur la vague des nouvelles technologies. Tout comme la récente carte d’identité électronique, la tendance penche vers un système de carte à puce.

La STIB, Société des Transports Intercommunaux Bruxellois, est d’ailleurs actuellement plongée dans le renouvellement de son système de billettique. D’ici 2008, la capitale belge devrait se voir dotée d’un système flambant neuf et les utilisateurs d’une carte à puce « Mobib » contenant leur contrat de transport (ticket 5, 10 places, abonnement, etc.) et d’un porte-monnaie électronique. La STIB a opté pour une carte « sans contact » : l’utilisateur n’aura qu’à passer sa carte devant un lecteur de données.

« Ce projet est conçu de façon ouverte et transversale. Les autres opérateurs du secteur des transports ont été invités à participer à son élaboration », explique Kris Lauwens, directeur général adjoint de la STIB. « Ce système, qui est compatible avec le protocole d’accord des cinq ministres de la Mobilité, est également pensé et conçu pour être généralisé ». Certains opérateurs des transports publics craignent en effet que les différents standards de billettique se multiplient, ce qui ne faciliterait pas la vie aux voyageurs. Jean Vandenbroecke, administrateur général adjoint des TEC, le souligne lorsqu’il fait référence à la décision des cinq ministres de la Mobilité: « Il faut se mettre d’accord sur les standards techniques. Ce n’est pas aussi évident que ça de dire : chacun fait ce qu’il veut du moment que ce soit interopérable ».

Autre crispation quant à la mise en circulation de cartes à puce : l’important investissement financier. À titre d’exemple, le projet Mobib coûtera la bagatelle de 12 millions d’euros. « Tout système de cartes à puce est excessivement cher ! », sonne Michel Jadot, le général manager de la direction « Voyageurs » de la SNCB.

Des questions en suspens…

La carte unique, un pas en avant ? Certainement. Mais une telle avancée ne devrait-elle pas aller de pair avec d’autres évolutions ? L’amélioration des transports publics (correspondances, confort, fréquence, accessibilité dans les zones rurales, etc.) et le développement d’infrastructures réservées aux vélos, par exemple. D’autres aspects de la vie au quotidien ne devraient-ils pas aussi être pris en compte ? Comme le ramassage scolaire ou la promotion des commerces de proximité. Et qu’en est-il des initiatives à entreprendre afin de modifier les comportements en matière de mobilité et d’habituer les enfants aux transports en commun dès leur plus jeune âge ?

Toutes ces réflexions émanent du public présent lors de la présentation de la carte Hypermobil. Le profil de la future carte de transport, Hypermobil, Mobib ou autre, ne pourra donc se dessiner à la légère, sous peine de perdre de son efficacité et de ne pas rencontrer le succès escompté auprès des citoyens.

Céline Teret

Pour en savoir plus:

Sur le site d’Etopia, les actes du forum « La carte Hypermobil »


Consommer éthique : un choix

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Exemples à l’appui, l’auteur de « Consommer éthique : un choix » aborde les questions de la consommation engagée et de l’éthique dans la production. Il met également en avant les initiatives qui existent en vue de promouvoir l’éthique et brosse le portrait du consommateur d’aujourd’hui.

« Le consommateur est-il un être individualiste et égoïste, replié sur lui-même, toujours à la recherche du meilleur rapport qualité/prix dans le seul but de satisfaire ses besoins immédiats ? Ou au contraire sommes-nous en train d’assister à la naissance d’un nouveau consommateur : davantage préoccupé par les retombées sociales et environnementales de ses achats ? L’éthique dans la production et la commercialisation des biens, a priori absente de la sphère économique, deviendra-t-elle un critère de choix dans l’acte d’achat ? Les producteurs seront-ils obligés, demain, de jouer la transparence complète sur les conditions sociales et environnementales de leur fabrication ? »

Toutes ses questions sont passées à la loupe par Maurice Piraux, qui prône l’éthique comme critère essentiel dans la production et la consommation des biens et services.

« Consommer éthique : un choix », Maurice Piraux, coll. Voix Durables, éd. Luc Pire, 2006, 18 €

« L’éducation au développement doit être un vecteur de transformation sociale »

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Fortement inspiré de l’idéologie du philosophe et pédagogue sud-américain Paolo Freire, le centre de formation pour le développement et la solidarité internationale (ITECO) a pour objectif la défense d’une éducation populaire, outil de changement social pour un monde plus juste. Entretien avec Adélie Miguel Sierra, formatrice chez ITECO.

S’adressant à un public large mais privilégiant la formation des personnes relais tels que les animateurs, les membres d’ONG ou les travailleurs sociaux, ITECO vise à ce que chaque participant devienne acteur de sa propre formation et moteur conscient de la société dans laquelle il vit.

Que signifient les termes d’« éducation au développement » au sein d’ITECO ?

Pour nous, éducation et développement sont deux termes ambigus et très complexes, deux termes à constamment réfléchir, à confronter à leur évolution et à nos pratiques. Comme on a coutume de dire, il n’y a pas une pratique ; il y a des éducations au développement. Notre mission principale est donc de se poser la question de « quelle éducation pour quel développement ? ». Le rôle principal du formateur en éducation au développement est d’essayer d’accompagner son public à se poser cette question. Bien sûr, ITECO a sa propre vision des choses. Nous avons trois axes éducatifs : l’éducation sociopolitique (aider à comprendre le monde dans lequel on vit), l’éducation interculturelle (comprendre qui je suis et qui est l’autre), l’éducation à la solidarité (comment, à partir de ma compréhension du monde et de l’autre, construire des solidarités collectives, par exemple entre toutes les femmes du monde pour un accès équitable aux ressources). Ces trois axes forment pour nous les trois composantes essentielles pour un autre développement.

Sur quelle vision pédagogique fondez-vous cette démarche éducative?

En tant qu’organisme d’éducation permanente, ITECO pense que toute personne dans la société a le droit de comprendre le monde tel qu’il est. Or pour y parvenir, il y a différentes méthodes. L’idéologie d’ITECO a ceci de particulier qu’il nous importe de remettre le citoyen au centre d’un processus de développement individuel mais aussi collectif. Il est nécessaire de tenir compte des besoins individuels des gens, de partir de ce qu’ils sont et d’où ils viennent mais, à partir de là, nous cherchons à passer à une réflexion plus globale, plus internationale. Chacun a son histoire, ses représentations. Il faut dépasser ça pour comprendre ce qui fait malaise dans le monde. Nous tenons donc toujours compte de l’individu – son identité en tant qu’homme, femme, son identité de citoyen – mais nous tenons compte aussi de la société dans laquelle cette identité s’inscrit et du cadre institutionnel sous-jacent. Il s’agit toujours d’articuler mes besoins individuels à ceux de la collectivité.

Vous pensez donc que les changements de comportements individuels restent limités ?

Je pense qu’il existe des enjeux politiques à l’éducation au développement. Eduquer est un acte de neutralité mais vouloir changer le monde, c’est de la politique. L’éducation au développement doit donc être un vecteur de transformation sociale. Lorsqu’on fait une animation, il ne faut jamais oublier cette finalité. Il est en effet important de sans cesse se demander en quoi ce que je fais participe à une amélioration du monde. Est-ce que mon action participe oui ou non à réduire les inégalités Nord/Sud ? Quand on prend conscience de cette finalité, on réalise qu’on a une responsabilité collective au-delà de notre petite individualité. Prenons un exemple : trier ses déchets. C’est très bien mais si on reste seul à le faire, ça sert à quoi ? A ITECO, nous voulons pousser, un peu comme les lobbys, à des prises de responsabilités collectives et politiques. (Pourquoi ne pas obliger les supermarchés à ne plus vendre de produits préemballés, pourquoi ne pas taxer tout ce qui est plastique, etc. ?) Au-delà de mes actions individuelles, il y a des enjeux de société. Je trouve donc important de voir comment, à partir de ma petite individualité, je participe à la construction du monde.

Est-ce que, selon vous, l’éducation au développement a encore un réel impact aujourd’hui ?

Face au contexte actuel, à l’influence des médias entre autres, c’est vrai qu’il est devenu plus compliqué d’éduquer correctement. Mais pour moi aujourd’hui, toute éducation qui vise à transformer cette société productrice d’injustices est devenue une question d’obligation. On ne peut pas y échapper. Puis je suis une optimiste et je suis déjà touchée par plein de choses qui se passent. Je pense que de plus en plus les gens, pour pouvoir fonctionner, intègrent dans leur réflexion cette dimension internationale, ce « plus loin que mon quartier ». Car tout le monde aujourd’hui voit les effets directs de la mondialisation (par exemple le mélange des cultures au sein de sa propre rue). Ce qui reste difficile, c’est le passage de l’information à l’engagement citoyen au niveau mondial. L’engagement citoyen est trop localisé, trop individualisé. Là où il y a par contre une forte évolution, c’est dans la mise en réseau Nord/Sud ; on est beaucoup plus qu’avant dans une situation d’échange. Les gens qui vivent une même situation d’inégalité au Nord comme au Sud partagent plus qu’avant. On a construit un regard croisé. On se rend compte qu’il faut se mettre ensemble pour avancer. C’est le contexte mondial qui veut cette évolution et qui nous pousse à partager nos ressources et nos faiblesses. Ces nouvelles formes d’échanges sont surtout de nouvelles formes d’expériences éducatives. C’est ça qui est passionnant et qui finira par déranger les décideurs.


Mondial 2006 : le développement durable monte sur le terrain

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Quand le développement durable s’invite au Mondial, l’événement sportif le plus attendu en 2006, les idées foisonnent en matière de protection de l’environnement et d’éducation au développement durable.

Coup d’envoi du Mondial 2006 en Allemagne. Des millions de spectateurs seront au rendez-vous durant un mois, soit dans un des 12 stades allemands, soit derrière leur petit écran. Un événement sportif de taille, extrêmement fédérateur. Au Nord comme au Sud, le football fait l’unanimité. Pourtant, les inégalités subsistent… Il ne fait aucun doute qu’un ticket pour assister à un des 64 matches du Mondial 2006 reste inabordable pour la plupart des habitants issus de pays en voie de développement. À noter aussi d’ailleurs, qu’il faudrait à un pauvre 109 jours pour obtenir ce que Zinedine Zidane empoche en un seul jour. Certes, le football reste vecteur d’inégalités, mais un événement sportif tel que le Mondial peut également jouer un rôle non négligeable dans la protection de l’environnement et l’éducation au développement durable.

Terrains « verts »

Les sceptiques n’ont qu’à bien se tenir : mieux gérer écologiquement un grand événement sportif, c’est possible. Le programme Green Goal l’a prouvé en intégrant des critères écologiques dans l’organisation du Mondial 2006. Au programme : économie d’eau et d’énergie, meilleure gestion des déchets et optimisation des transports publics. De l’arrosage des terrains avec de l’eau de pluie à l’achat de chaises de stade de seconde main, tous les moyens sont bons pour que l’événement s’organise dans le respect de l’environnement. Des gestes « verts » qui permettent également de faire pas mal d’économies.

Place à la sensibilisation

Le Mondial, c’est aussi l’occasion de dénoncer. De nombreuses associations se sont emparées de l’événement pour pointer du doigt les dérives qu’engendrent parfois les événements sportifs de grande ampleur. L’association néerlandaise de développement durable NCDO a lancé une campagne visant à sensibiliser le public aux Objectifs du millénaire pour le développement. Dans les gares néerlandaises, les amateurs de foot ne pourront passer à côté de l’affiche arborant « Ce ballon a subi plus d’examens qu’une femme enceinte en Côte d’Ivoire », rappelant ainsi l’objectif 5 qui vise à réduire de 75% le nombre de femmes décédant à l’accouchement.

Oxfam saute également sur l’occasion pour poursuivre sa campagne dénonçant l’industrie du vêtement. Dès l’ouverture du Mondial 2006, l’ONG rappelle le non-respect des conditions de travail dans les usines de l’industrie du sport. Ces mêmes usines qui produisent les vêtements de marques fièrement arborés par les plus grands joueurs de football sur le stade ou même en dehors.

Autre exemple de sensibilisation, l’initiative lancée par Durex, la marque de préservatifs. Afin de lutter contre la traite des blanches et la violence, 500 000 étuis de préservatifs « Fair Play » ont été distribués dans 18 grandes villes allemandes.

Autant d’initiatives qui prennent la balle au bond à l’occasion du Mondial 2006 afin de profiter de la notoriété mondiale de l’événement pour faire véhiculer les valeurs du développement durable. Des valeurs qui touchent tous les citoyens du monde, adeptes du ballon rond ou non.

Céline Teret

Pour en savoir plus:


Femmes et développements durables et solidaires

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Fruit du colloque international « Femmes, savoirs, sciences et développement durable » à Dakar, cet ouvrage souhaite prolonger la réflexion sur la place des femmes dans le développement durable. Une approche originale du sujet du point de vue des femmes dont les savoirs faire ne sont pas assez valorisés et qui restent les premières victimes de la pauvreté.

« Femmes et développements durables et solidaires » part du constat que les savoirs faire féminins sont trop souvent sous-estimés de par le monde et en particulier dans les pays du Sud. Or la valorisation de leurs compétences permettrait tout à la fois de renforcer leur place dans la société et d’atteindre les objectifs d’éradication de l’extrême pauvreté.
Traitant des différents champs d’action des femmes dans le monde du travail, l’ouvrage est composé de plusieurs textes répartis dans diverses thématiques : conditions de vie et écosanté, technologie et promotion économique, ruralité et productions agricoles, gouvernance et rapports de pouvoir. Résultant d’un colloque à Dakar, il se penche en particulier sur le cas de l’Afrique, mais aborde aussi la condition féminine dans d’autres régions défavorisées. Plusieurs articles sont axés sur les femmes entrepreneurs regroupant des témoignages et des analyses de l’action des femmes dans le champ économique. Certains auteurs traitent notamment des obstacles qu’elles rencontrent comme l’accès au financement. Tout au long de l’ouvrage, la réflexion est portée sur les possibilités d’évolution du rôle de la femme dans leurs activités professionnelles.

« Femmes et développements durables et solidaires », Sous la direction de Fatou Sarr et Georges Thill, éd. Presses universitaires de Namur, 2006