Commerce équitable et… durableClés pour comprendre

2 octobre 2006

Les critères internationaux du commerce équitable établis par Fairtrade Labelling Organizations International (FLO) sont basés sur les trois piliers du développement durable. La dimension démocratique et participative constitue également un élément clé de cette forme de commerce qui vise le renforcement des petits producteurs et des travailleurs.

Café, bananes, miel, jus, coton,… Les aliments et textiles issus du commerce équitable doivent être contrôlés afin de garantir les conditions de travail correctes et le prix juste perçu par les producteurs. En Belgique, c’est Max Havelaar, membre de FLO, qui contrôle et appose son label sur les produits répondant aux critères internationaux.

Des critères économiques et commerciaux

Le paiement au producteur d’un prix minimum est au cœur du commerce équitable. En contre-partie de leur travail, les producteurs au Sud reçoivent un prix juste. Ce prix couvre les coûts sociaux et environnementaux en plus des coûts de production.
Une prime de développement est également payée aux producteurs. Elle doit être gérée de manière démocratique et transparente au sein des coopératives de producteurs ou de comités d’ouvriers. Alliée à un système de préfinancement et à des contrats à moyen et long termes, cette prime permet des investissements en matière de développement économique, social et environnemental.
Au niveau économique et commercial par exemple : mise en place d’un processus de fermentation du cacao (amélioration de la qualité et valeur ajoutée), installation d’une unité de torréfaction du café (plus grande maîtrise de la chaîne de production et valeur ajoutée), diversification agricole ou des sources de revenus …

« La garantie d’un prix minimum apporte la stabilité. Nous, les producteurs, ne sommes pas totalement soumis à la loi de l’offre et de la demande. Nous savons que nous serons payés au moins 69$US le quintal. Cette garantie rend possible de planifier à long terme, d’investir, de développer du support technique, en un mot, de développer notre affaire » (Felipe Cancari Capcha, producteur de la coopérative El Ceibo, producteur de cacao Fairtrade en Bolivie).

Des améliorations sociales

Dans les usines et les plantations, les critères du commerce équitable visent à améliorer les conditions de travail : salaire minimum légal, respect des conventions de l’OIT (liberté syndicale, interdiction de toute forme de travail forcé, de travail des enfants et de discrimination…).
De nombreuses améliorations sociales et projets communautaires peuvent être mis en œuvre grâce au revenu assuré par le commerce équitable : création d’écoles, centres de santé, amélioration de la qualité nutritionnelle par la diversification agricole, …

« Grâce au commerce équitable, nous avons maintenant construit une route et nous avons un service de bus. Nos enfants peuvent désormais aller à l’école. » (Sabino Brenes,coopérative Coocafé – Costa Rica)

Max Havelaar, organisme de certification du commerce équitable en Belgique
Max Havelaar, membre du Fairtrade Labelling Organizations International (FLO), ne vend rien et n’achète rien. Sa mission consiste à contrôler et apposer son label sur les produits répondant aux critères internationaux du commerce équitable. C’est le seul label répondant à ces critères. Max Havelaar ne labellise pas les grandes surfaces, ni les marques, ni les multinationales. Le label est présent sur plus de 250 produits appartenant à plus de 60 marques dont Ben&Jerry’s, Café Liégeois, Celio, Delhaize, Jacques, La Redoute, Oxfam Fairtrade et Rombouts. FLO est représenté dans 21 pays : dans la plupart des pays européens, au Canada, aux USA et au Japon, en Australie et en Nouvelle-zélande. D’autres initiatives mettent en place des systèmes de certification éthique ou durable mais qui n’incluent pas un prix qui couvre les coûts sociaux et environnementaux en plus des coûts de production. Le paiement d’un prix équitable et la prime gérée démocratiquement sont généralement remplacés par le financement de projets. Il s’agit donc plutôt d’une aide au développement alors que le commerce équitable vise le renforcement des petits producteurs et des travailleurs et leur autosuffisance économique.

Un développement respectueux de l’environnement

Interdiction des OGM et de 118 pesticides, protection de l’eau et des écosystèmes de grande valeur écologique comme la forêt vierge, la lutte contre l’érosion et la gestion des déchets… Des mesures minimales de préservation de l’environnement doivent être remplies. Chaque culture a ses particularités en terme d’impact. C’est pourquoi des critères spécifiques sont définis pour chaque produit.
Les producteurs doivent ensuite mettre en place un système de production intégrée dont l’objectif est d’établir un équilibre entre la protection de l’environnement et les résultats économiques. C’est parfois un premier pas vers l’agriculture biologique. De plus en plus de produits du commerce équitable répondent également aux critères de l’agriculture biologique. Ils portent alors un label « bio ». La prime du commerce équitable permet notamment des investissements en ce sens tout comme dans l’énergie solaire, le compostage, le lagunage, le reboisement…

« Les petits producteurs de riz adhèrent naturellement aux principes de l’agriculture biologique car elle est plus soutenable pour l’environnement que l’agriculture industrielle et la nourriture est plus saine pour nos enfants. » (Tryada Trimanka – Thaïlande)

Démocratie et participation

Le commerce équitable encourage et soutient l’organisation des petits producteurs en coopératives au fonctionnement démocratique. Il permet aussi un renforcement de ces organisations. Elles acquièrent les connaissances des marchés, développent leur capacité de négociation avec les acteurs économiques et avec les pouvoirs publics et gouvernement locaux. Les petits producteurs peuvent ainsi devenir acteurs des politiques agricoles nationales ou supranationales … sur la voie d’une agriculture durable !

Gaëlle Chapoix, de Max Havelaar

Pour en savoir plus :

6 commentaires sur “Commerce équitable et… durable”

  1. laura dit :

    comment trouve ton les grands principes de développement durable sur le commerce equitable merci d’avance

  2. Justine dit :

    je sais que le commerce équitable privilégie les petits commerçants du monde mais j’ aimerais savoir pourquoi on ne répand pas ces produits (peut-être plus chers) dans plus de magasins ? Car tout le monde ne connait pas les magasins monoprix par exemple et puis il ne se situe pas toujours a proximité de chez nous . Moi, par exemple, j’ aimerais bien consommer ces produits mais ces magasins sont trop loin de chez moi pour que j’ y aille.

  3. Justine dit :

    ou pourrais-je trouver des infos sur les influences et les conséquences du commerce équitable sur les enfants et habitants des pays économiquement moins développés. (ce serait bien de me répondre ce soir)

    merci beaucoup ;-)

  4. Ambre dit :

    Hé bien moi je suis en terminal et j’ai une étude à fair pour mon bac jorai aimé savoir qu’elle était l’intérêt pour un distributeur de proposer des produits issus du commerce équitable et par quels moyens attire t- il leur clients ? Merci

  5. karim dit :

    comment je peux avoir effortpour amiliorer dans mes etudes en commerce internationnal et re aliser un entreprise

  6. Parution du livre « Pour un commerce juste : La Route du café, des Yungas à la Bretagne » de Tugdual Ruellan et Bernard Bruel
    Madame, Monsieur,
    J’ai le plaisir de vous faire part de la parution d’un livre que j’ai coécrit avec Bernard Bruel, enseignant à Rennes, « Pour un commerce juste : La Route du café – des Yungas à la Bretagne » (Editions Rives d’Arz), à la suite d’un reportage effectué dans les plantations de café en Bolivie et l’accompagnement depuis 15 ans de l’aventure initiée par Yves Thébault, directeur du CAT centre d’aide par le travail de Bain-de-Bretagne, Guy Durand, alors président de Max Havelaar France et Olivier Bernadas, torréfacteur, fondateur de la société Lobodis.
    Madame Luzmila Carpio, ambassadrice de l’Etat plurinational de Bolivie en France, nous a fait l’honneur d’en rédiger la préface.
    Disponible sur http://www.rivesdarz.fr/
    (traduit en espagnol) – un CD à l’intérieur de musiques offertes par des amis musiciens ou enregistrées sur place.
    En vous remerciant de bien vouloir s’il vous plaît nous aider à en faire la promotion. Les bénéfices seront reversés aux coopératives boliviennes.
    Bien cordialement,

    L’aventure commence en 1993 lorsque trois Bretons se
    lancent, contre vents et marées, dans le commerce équitable :
    Guy Durand, alors président de Max Havelaar France,
    Olivier Bernadas, gérant de la jeune société Lobodis, et Yves
    Thébault, directeur du Centre d’aide par le travail de Bain-de-Bretagne.

    Leur défi : proposer un café de qualité, certifié biologique, acheté
    au juste prix aux petits producteurs, transformé en France
    par des ouvriers en situation de handicap.

    Tugdual Ruellan, journaliste, et Bernard Bruel, enseignant,
    nous entraînent sur la Route du café bolivien, depuis les
    Yungas jusqu’en Bretagne en passant par le Port du Havre.
    Route dangereuse mais route de tous les espoirs… Ils se font
    porte-parole des producteurs. Ils nous racontent l’histoire de
    ces compagnons et coopérateurs qui ont pu, grâce à un commerce juste,
    améliorer leurs conditions de vie et retrouver la fierté de leur travail.

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