Le compost, ça s’apprend…Gestes pratiques

13 février 2008

jardinRéaliser un compost, c’est plus simple que ça en a l’air. Pour s’initier à l’art du compostage, rien de tel qu’une formation sur le terrain ou qu’une séance d’information. Et pourquoi pas ensuite passer le mot à ses voisins ?

Le compost ? C’est plus simple que ce que l’on ne pense… En compostant ses déchets de jardin et ses déchets organiques de cuisine comme des épluchures de fruits et de légumes, des sachets de thé ou votre marc de café (et bien d’autres substances encore) dans son jardin et même à l’intérieur, il est possible de réduire de plus d’un tiers le poids de la poubelle ménagère. Mais la réussite du processus dépend du respect de certaines règles simples.

Qui se sent l’envie de se lancer dans l’aventure aura peut-être besoin d’un coup de main et de conseils pratiques. C’est pourquoi Bruxelles Environnement (anciennement IBGE) en partenariat avec Inter Environnement Bruxelles (IEB) organisent deux types de formations gratuites au compostage. D’une part, une formation pour devenir « maître composteur », un expert en compostage qui fera ensuite passer son savoir à d’autres. D’autre part, des formations plus courtes de type individuel abordant le compostage et le vermicompostage (technique destinée aux personnes ne possédant pas de jardin).

Catherine Maréchal, chargée du projet à IEB, s’occupe des formations aux composts : « Bruxelles Environnement sort tous les 5 ans un plan de prévention et de gestion des déchets, avec des objectifs chiffrés notamment sur le compost. En 2007, l’objectif était de faire composter 10% des Bruxellois. Le nouveau plan déchets est en cours d’élaboration avec de nouveaux objectifs à atteindre. »

Pourquoi ne pas devenir maître composteur?

La formation « maître composteur » se déroule une fois par an, en 10 séances de 3 heures données par des professionnels. Réservée à une quinzaine de personnes, cette formation longue s’adresse à tous les Bruxellois, même aux novices… « Tant qu’ils gardent à l’esprit qu’ils ne sont pas là uniquement pour apprendre la technique à titre individuel mais aussi pour passer leur savoir, souligne Catherine Maréchal. Les candidats les plus motivés sont sélectionnés en fonction des candidatures sur base d’un questionnaire. » Cette formation vise donc tous ceux qui veulent partager leur savoir avec toute âme de jardinier désireux de défendre l’environnement en ville.

« Cette formation donne de la théorie, mais aussi la possibilité de pratiquer sur le terrain. Les participants construisent une compostière, découvrent ce qu’ils peuvent y mettre, apprennent à retourner le compost, vérifient s’il est trop sec ou trop humide… ». Un cours de communication est donné en fin de formation pour apprendre aux maîtres composteurs à partager leurs connaissances. « Ils reçoivent une question à laquelle ils doivent répondre devant un groupe tout en étant filmé. Ensuite, ils visionnent la vidéo, c’est un bon exercice pour voir s’ils ont retenu la matière apprise et savent la transmettre ».

En plus de pouvoir donner des conseils à des voisins et à des amis, « ils doivent s’intégrer au réseau de maîtres composteurs bénévoles et mener des actions en vue de promouvoir le compostage », explique Cathernie Maréchal. Les maîtres composteurs sont sollicités plusieurs fois par an pour tenir des permanences aux stands d’événements comme la journée sans voiture, la fête du printemps, la fête de l’Environnement… Ils sont également sollicités par des associations, des écoles ou des communes qui souhaitent faire une animation compost. Certains lancent leurs propres projets avec de nouvelles idées. »

Apprendre à composter rapidement !

Pour ceux qui ne se sentent pas l’âme du passeur de bonnes pratiques, mais qui désirent se lancer dans le compostage à titre personnel, d’autres formations existent de type court. Organisées à Bruxelles, elles sont ouvertes à tous et se tiennent deux fois par an, au printemps et en automne. « Ce sont les saisons qui correspondent le mieux au compostage. En automne, les feuilles mortes s’amassent et sont une bonne matière à récupérer pour être compostées. Au printemps, la vie redémarre dans le jardin. »

Pour ceux qui disposent d’un jardin, la formation sur le compostage individuel est davantage une séance d’informations, comprenant deux heures de théorie suivies d’une séance pratique. Elle répond tant aux questions des habitués du compost qu’à celles des non connaisseurs. En moyenne, 50% des participants à cette formation sont convaincus et ont un compost chez eux. Un suivi permet de sonder si la formation a porté ses fruits. « Un an après la formation, un questionnaire est envoyé aux participants. Ils y posent leurs questions et expliquent les problèmes rencontrés. Nous les recontactons ensuite pour leur apporter des réponses».

Et pour ceux qui n’ont pas de jardin, pas de panique, il existe aussi un moyen de composter à l’intérieur : le vermicompostage (processus naturel par lequel les matériaux biodégradables sont convertis, grâce à l’action des verres de terre, en un amendement riche : le compost). Un exposé théorique suivi par une demi-heure consacrée à la réalisation d’une vermicompostière avec le matériel adéquat (des bacs en plastique perforé, la préparation de la litière, …). Présents également lors de ces séances, les maîtres composteurs montrent différents modèles de vermicompostières (artisanales ou commerciales) et répondent aux questions avant et après l’exposé théorique du conférencier.

En 2007, près de 200 curieux ont participé aux formations de compostage individuel et de vermicompostage. Au rendez-vous, observation, découverte, mais aussi l’occasion de faire table rase sur certaines idées reçues qui ont encore trop souvent tendance à freiner les plus sceptiques. Exemple classique : un compost dégage de mauvaises odeurs. Détrompez- vous, il n’en est rien ! Alors, convaincus ?

Propos recueillis par Françoise Carpiaux

Photo: www.ieb.be

Pour en savoir plus :

  • IEB
  • Bruxelles Environnement
  • Le compostage à domicile
  • Formations des maîtres composteurs : du 13 mars 2008 au 5 juin 2008, le jeudi soir pour les séances théoriques et le samedi matin pour les séances pratiques.
  • Formation au compostage individuel : le mardi 3 juin de 19h30 à 22h
  • Formation au vermicompostage : le mardi 10 juin de 19h30 à 22h
  • Contact : Catherine Maréchal :02/ 218 75 95, catherine.marechal@ieb.be
  • Côté lecture, l’ouvrage « Le compost…. dans toute sa noblesse »

10 commentaires sur “Le compost, ça s’apprend…”

  1. carpiaux etienne dit :

    Bravo très intéressant ! une même initiative existe t’elle en province?

  2. Jardin eco dit :

    Je composte depuis plus d’un an et sans trop d’effort j’ai peu obtenir un engrais tres efficace. Je le recommandé vraiment.

  3. tof dit :

    réponse à Etienne Carpiaux:

    COMITE JEAN PAIN
    Rue de la Sarte à Ben, 18 à 4500 Ben-Ahin
    Téléphone : (085) 23.57.62.
    Fax : (085) 23.57.62.
    Il s’agit d’une asbl spécialisée dans l’information, la formation et la démonstration du compostage. Elle dispose d’un centre de visite à Londerzeel où l’on peut voir, toucher, sentir et comprendre ce qu’est un compost et à quoi il sert. On y développe particulièrement le compostage à domicile, le compost de broussailles, le lombricompost, mais aussi la problématique des toilettes sèches et de l’épuration des eaux de lagunage.

    Il y a aussi les journées d’échange de Nature et Progrès, sur le jardinage bio: Chantal Dubois
    Animation jardin, Salons 081/32.30.58
    ch.dubois@natpro.be

    D’autres infos: http://environnement.wallonie.be/education/compost/references.htm

  4. carpiaux etienne dit :

    un grand merci pour l’info

    Etienne

  5. David dit :

    C’est très simple à réaliser, du compost.

    Mais au début, il faut un peu de patience: environ un an avant de pouvoir le « récolter ».
    Mais une fois que c’est en route… ca va tout seul !

    Quelques petits trucs:
    - Jamais de déchets de viande
    - Jamais de pelures d’agrumes (oranges, citron, mandarines, …)
    - Jamais de reliefs d’assiette (à cause des sauces, et du sel)
    - Eviter les potirons, citrouilles etc… (difficile à composter….)
    - Toujours bien découper ou broyer les petites tiges ou branches issues de coupes d’entretien
    - Certaines plantes en pot n’apprécient pas d’être nourries avec un compost trop riche: « diluez-le » en le mélangeant avec de la terre du jardin, ou même du sable.

  6. Denis dit :

    Les petits ruisseaux font les grandes rivières…

    *Parlons Terre*

    C’est le titre de la formation compostage/lombricompostage que nous démarrons en juin 2008.
    Cette formation est organisée par l’eft Le Timon asbl, à Momalle (en Hesbaye liégeoise), dans un manège équestre (formation palefrenier soigneur).
    Elle s’adresse à des demandeurs d’emploi peu qualifiés.
    Durée des sessions de formation: 6 mois
    Elle développera l’apprentissage des techniques de compostage et lombricompostage, ainsi qu’une sensibilisation à l’environnement, la gestion des déchets.
    Formation organisée en réseau avec des opérateurs de formation aux métiers verts de la région de Huy-Waremme: horticulture, maraîchage, maraîchage bio, floriculture, parcs et jardins. Prolongation possible de la formation chez ces opérateurs.
    Accompagnement dans la recherche d’emploi.
    Certification possible par l’Enseignement de Promotion Sociale.

    –Roland Denis
    eft Le Timon asbl
    27, rue Haut-Vinâve
    4350, Momalle
    04/250.50.44.
    0475/56.70.05.
    letimon@skynet.be

  7. véronique dit :

    bonjour, je composte aussi depuis plus d’un an mais depuis cet été, j’ai des petites mouches drosophiles à la cuisine, dont je n’arrive pas à me débarasser: je nettoie régulièrement la petite poubelle fermée dans laquelle je mets les déchets dégradables avant de les mettre au compost au jardin, je nettoie les autres poubelles, la cuisinière, la table, je mets les fruits au frigo, mais il en reste toujours quelque part. Je n’aime pas cela car j’ai des enfants et je ne voudrais pas qu’ils attrapent des problèmes intestinaux ou autres avec ces mouches. Quelqu’un a-t-il un « truc »? merci!

  8. PETIT dit :

    Bonjour,

    Je travaille dans un CEFA à Arlon et je m’occupe de l’option »Parcs&jardins ».
    Le directeur souhaiterait créer des composts dans l’enceinte de l’école mais pour cela je suis à la recherche d’une personne pour donner une ou voire deux journées de formation sur le compostage pour mes élèves ainsi que le personnel ouvrier de l’enseignement.
    Merci de votre aide.

  9. jempy171 dit :

    faut-il broyer ou couper en petits morceaux les épluchures de légumes( trognon de choux,de potirons etc…)

    afin que leur décomposition soit plus rapide?

    Pourquoi la viande cuite et réduite en petits morceaux n’est-elle pas conseillée?

    Avec quel produit faut-il humidifier le compost?

    Merci de vos conseils

  10. vanina dit :

    Le fait de couper vos déchets ménagers accélerera leur décomposition.Cela ne laissera pas aux aliments le temps de pourrir et vous éviterez ainsi les mauvaises odeurs ! Cette étape est particulièrement importante si vous avez opté pour un lombricompost.

    La viande peut être compostée pour autant qu’on la mette hors d’atteinte des animaux et qu’elle soit placée en petits morceaux au centre du tas. Le problème principal de la viande vient du fait qu’elle attire les animaux, notamment les rongeurs et les mouches. Cependant, si vous avez opté pour un lombricompost, sachez que vos vers ne l’apprécient pas, il en va de même pour les produits laitiers.

    Si votre compost vous semble asseché, ce qui peut-être le cas en été, rectifiez l’humidification, mais très doucement avec un pulvérisateur d’eau.

    Enfin, si vous le souhaitez, vous pouvez participer à l’une des formations proposées par Bruxelles Environnement, en partenariat avec Inter-Environnement Bruxelles et le Comité Jean Pain. Diverses communes wallonnes proposent aussi des formations, n’hésitez pas à contacter le service environnement de votre commune.

Laisser une réponse