Ressourcerie à la Ferme Nos PilifsReportages

10 juin 2016

La ferme de Nos Pilifs, créée en 1984, est une Entreprise de Travail Adapté (ETA) située à Neder-Over-Hembeek. Actuellement, elle emploie près de cent septante personnes, dont cent quarante en situation de handicap. La ferme est divisée en six métiers différents – la ferme d’animation, la jardinerie, les jardiniers, l’estaminet, l’épicerie-boulangerie et l’atelier bio – mais tous sont articulés autour d’une même idée : l’intégration. Interview d’Etienne Duquenne.

La Ferme Nos Pilifs ouvre ses portes dans le 18 juin 2016 (10h) dans le cadre des Portes ouvertes Nature & Progrès. De mai à octobre, les membres de l’association Nature & Progrès ouvrent en effet les portes de leur maison et de leur jardin mais aussi de leurs fermes. Un peu partout, en Wallonie et à Bruxelles, ils font découvrir, le temps d’une journée ou d’un week-end, des jardins respectueux de la nature et de l’environnement, des maisons auto-construites ou rénovées avec des techniques et des matériaux sains et naturels, des fermes dont le projet illustre parfaitement l’agriculture défendue par Nature & Progrès. Calendrier complet sur www.natpro.be/po/calendrier2016

Comment vous est venue l’idée de la ressourcerie ?

Dès le début, la ferme Nos Pilifs s’est inscrite dans une démarche écologique et respectueuse de l’environnement. L’idée de la ressourcerie – qui est en fait un mini-parc à containers – est venue du constat suivant : les six métiers présents dans la ferme produisent immanquablement des déchets. Plutôt que de tous les mettre dans un grand container, autant essayer de les trier le mieux possible et de les valoriser ! Pour monter le projet, deux éco-conseillers se sont relayés pendant un an afin de réaliser l’état des lieux de la ferme mais aussi de voir comment mettre en place efficacement les différentes filières de recyclage. La ressourcerie existe depuis maintenant deux ans et nous commençons même à être limités au niveau de la place.

Si vous êtes à l’étroit, c’est parce que vous triez beaucoup ?

Effectivement, nous avons actuellement neuf grandes catégories de tri mais à l’intérieur de celles-ci, nous avons également des sous-catégories. Cela représente, en tout, cinquante-quatre sortes de déchets différents que nous trions. Il faut savoir que nos clients peuvent également déposer certains déchets valorisables à l’entrée de la ferme.

Comment travaillez-vous ensuite ?

Nous essayons de trouver une filière de recyclage pour chacun des déchets mais ce n’est pas toujours évident. En effet, certains déchets – notamment issus des dépôts sauvages – sont difficilement valorisables. A l’inverse, d’autres filières sont très intéressantes et peuvent même rapporter de l’argent. Ainsi, le bois que nous récupérons peut soit être revendu en bois de chauffage, soit être transformé en pellets par exemple. Mais le plus gros travail de revalorisation se fait sur le compost. Une équipe est dessus non-stop et travaille sur toutes les étapes du compostage jusqu’au tamisage. Le processus entier peut prendre jusqu’à neuf mois avant d’être vendu.

Quelle est la difficulté majeure que vous rencontrez avec cette ressourcerie ?

Le principal problème réside dans la sensibilisation à la gestion des déchets. En effet, certaines personnes se demandent encore pourquoi trier et puis, c’est tellement plus simple de tout jeter dans le même container… Nous avons donc organisé des formations pour tout le monde et nous avons en projet de réaliser un petit livret explicatif sur le tri.

Dans l’idée de l’échange et du réemploi, vous avez « Pilif ton brol ». Késako ?

C’est un endroit ouvert à tous dans lequel vous pouvez déposer les objets dont vous ne vous servez plus et où vous pouvez prendre ceux qui vous font envie. On y retrouve des vêtements, de la vaisselle, des livres, des jouets, etc. C’est complètement autonome et chaque passant peut se servir. L’endroit ne vit que parce que des gens y déposent des objets dont ils n’ont plus l’utilité. C’est un peu un pied de nez à la société de consommation où l’achat neuf est la norme. L’idée est de donner une seconde vie à des objets qui peuvent encore servir plutôt que de les jeter…

Lionel Pistone
Article publié dans Valériane n°119 (mai-juin 2016), revue de Nature & Progrès

En savoir plus :
- Ferme Nos Pilifs – 347, trassersweg à 1120 Bruxelles - www.fermenospilifs.be
- Lire aussi article « Jard’inspiration », autre projet de Nos Pilifs http://www.reseau-idee.be/experiences-pedagogiques/fiche.php?&experience_id=286

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