Ni vues, ni connues

7 août 2018

Chiquinha Gonzaga, Violette Morris, Lady Montagu, Phoolan Devi, Kâhina, Marthe Gautier, Ada Lovelace… Des noms de femmes très peu connues et qui, pourtant, ont marqué l’histoire. Quant à Blanche Calloway, Nannerl Mozart, Camille Claudel ou encore Winnie Mandela, ces noms de famille une fois prononcés évoquent bien quelque chose tant ils sont associés à des célébrités… masculines. Et pourtant, derrière « les soeurs de » ou les « femmes de » rendues invisibles se cachent bien des avancées, culturelles, sociales, scientifiques, politiques… Quant aux femmes un peu moins laissées dans l’oubli, comme Joséphine Baker, Rosa Parks, George Sand, Rosa Luxembourg ou Marie Curie, sait-on seulement ce qui les a rendues célèbres et ce que raconte leur vie?

« Pourquoi les noms comme les exploits des femmes n’apparaissent-ils ni sur les plaques des rues ni dans les manuels scolaires ? N’auraient-elles donc rien fait qui vaille la peine qu’elles soient reconnues ? », s’interroge le collectif George Sand, auteur de l’ouvrage « Ni vues, ni connues ». En balayant les légendes, en soulevant les tapis, en fouillant les placards, on découvre que l’Histoire qui est enseignée n’a pas retenu les noms de nombreuses femmes.

C’est pourquoi ce bel ouvrage souhaite mettre à l’honneur près de 80 femmes, en dressant leur portrait, de manière documentée, mais aussi avec humour et engagement féministe. Bien loin des biographies conventionnelles un peu pompeuses, « Ni vues, ni connues » raconte les faits marquant de la vie de femmes qui, chacune à leur manière, ont mené des combats dans l’ombre. Ces portraits d’artistes, aventurières, « méchantes », de pouvoir, intellectuelles, militantes et scientifiques se dégustent au fil des pages.

« En décortiquant les mécanismes qui ont fait tomber les 75 femmes de ce livre aux oubliettes, le collectif Georgette Sand met en lumière sur un ton décalé ce qui a été occulté, spolié ou fantasmé. Il révèle également que ce qui rend invisible n’est pas une fatalité et peut même être désamorcé très simplement : pour être reconnues, il faut être connues, et pour être connues, il faut être vues. »

Un ouvrage à laisser à portée de main dans une bibliothèque et qu’on ouvrira pour y picorer ça et là l’un ou l’autre portrait, de temps en temps… Un ouvrage qui ouvre les perspectives et nous abreuve de culture, d’histoire et d’anecdotes, tout en éveillant la mémoire de ces femmes oubliées.

C.T.

« Ni vues, ni connues », collectif George Sand, éd. Hugo Publishing, coll. Les Simone, 2017. 17€

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