Cœurs de clownsReportages

6 février 2020
Quatre coeurs en forme de porte-bonheur. L’ASBL des Clinicoeurs de la Salm rend le sourire aux résidents des homes et des hôpitaux. Un projet qui ne manque pas d’ambition !

Tchafête et Dino, respectivement Suzanne Laurent et Luc Verelst, cliniclows relationnels depuis longtemps dans un groupe de Verviers, ont lancé l’ASBL des Clinicoeurs dans la région de Vielsalm.
« Le plus doux bonheur est celui qu’on partage… » C’est ce qu’a voulu vivre pleinement ce couple à la fin des activités professionnelles de chacun. Ensemble, ils ont implanté le concept des cliniclowns au service des personnes de leur région. Après un appel sur un fameux réseau social, des bénévoles sensibles à leurs objectifs ont offert leurs services. Le projet a pris rapidement de l’ampleur. Maintenant, il se développe sur quatre axes, représentés chacun par un des cœurs qui forment ensemble un trèfle à quatre feuilles, le logo de l’asbl : un pour les cliniclowns, un pour les clinitalents, un pour les clinijuniors, un pour les clinisnoezs. Qui se cache derrière ces drôles de nez, pardon… de noms ?

Les cliniclowns

Ils vont rendre visite aux personnes souffrantes : enfants ou aînés. Leur but est d’offrir un peu de présence, de tendresse, d’écoute, un moment de rire, de fantaisie. Être cliniclown demande une formation car tout se joue dans la relation. Les cliniclowns n’interviennent jamais seuls : ils rencontrent parfois des situations plus difficiles et doivent pouvoir se soutenir. Ils ont un rituel pour prendre distance avec les souffrances et rentrer chez eux sereins : se maquiller à l’endroit où ils interviennent, afin d’entrer dans leur personnage. À ce moment, ils ne sont plus eux-mêmes. Après leur intervention, ils prennent le temps de se démaquiller ensemble et de partager leur vécu.

Les clinisnoezs

Le snoezelen est une activité qui s’est développée dans les années 1970, au Pays-Bas. Snoezelen est la contraction de Snuffelen (stimuler les sens) et Doezelen (apaiser, relaxer). Des bénévoles ont été formés à animer cette activité par le grand spécialiste en la matière, Marc Thiry. Lors des séances, on fait appel au cinq sens pour raviver la mémoire enfouie, distraire, relaxer et entrer en relation. On y favorise la stimulation sensorielle par de la musique, des jeux de lumière, des vibrations, des sensations tactiles et olfactives.

Les clinisnoezs trouvent à l’hôpital ou dans les maisons de repos des salles équipées mais ils ont également créé un espace mobile avec les clinitalents. C’est une sorte de tente qui crée un cocon protégé où l’on trouve tout le nécessaire pour vivre ce moment privilégié et qui peut s’adapter à un lit et voyager de résident à résident.

Les clinitalents

Après avoir constaté que bien des personnes avaient des talents, du temps et qu’elles se sentaient parfois isolées, des activités autour de cet axe ont été lancées. Pour récolter des fonds, des dames préparent des confitures, des gâteaux, des biscuits, tricotent, cousent et vendent leurs productions. Une dame aide pour les repas dans le « cantou » (1) d’une maison de repos. Une esthéticienne donne des soins aux résidents de homes. Une danseuse en position assise fait bouger les aînés et les motive à se mouvoir. Chez les clinicoeurs, les contributions de chacun et de chacune sont valorisées.

Les clinijuniors

Les clinijuniors ont de 8 à 12 ans. Par deux, accompagnés d’un adulte, ils vont à la rencontre des aînés dans le but de partager un bon moment. Avant d’intervenir, ils se réunissent pendant une heure pour se préparer et après, ils se revoient pour confronter leurs vécus. Entrer en relation profonde avec les aînés, cela s’apprend et n’est pas laissé au hasard.

Et, depuis peu, il y a Tino, un chien Spitz blanc qui accompagne les cliniclowns. Il a reçu une formation spécifique par une comportementaliste animale. Il est dressé pour être chien visiteur et formé en dog dancing (il effectue des chorégraphies avec un humain). Il émerveille déjà petits et grands.

À Vielsalm, qui que l’on soit, on peut donner et recevoir.

Nicole Dumez
Article publié dans Plein Soleil n°846 (octobre 2019), la revue de l’ACRF – Femmes en milieu rural
Photo : © Les Clinicoeurs de la Salm, droits réservés

(1) Les cantous sont de petites unités qui peuvent prendre en charge, de manière temporaire ou définitive, les personnes dépendantes présentant des symptômes de démence ou de la maladie d’Alzheimer.

Plus d’infos : www.clinicoeursdelasalm.be ou 0493 71 87 37

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