Jeunesse à l’action

7 février 2007

En maisons de jeunes, via de multiples associations ou même au sein d’un parti politique, nombreux sont ces jeunes qui se lancent dans des projets axés environnement ou développement durable. Découverte, au travers des témoignages de Jonathan, Damien, Ronel, Samuel et Wiliam. Des jeunes de 16 à 20 ans… qui en veulent!

Ces témoignages ont été récoltés dans le cadre du dossier « Jeunes en mouvement » de Symbioses, le magazine de l’Education relative à l’Environnement. Des portraits de jeunes, dont les réflexions et les engagements pour l’environnement et le développement durable sont autant de coups de pied à la bof attitude. Symbioses est disponible auprès du Réseau IDée (symbioses@reseau-idee.be ou 02/286 95 76).

Jonathan Burton, 20 ans, Comblain-au-Pont, MJ L’Aventure et Assemblée des Jeunes Wallons pour l’Environnement (GREEN Belgium)

jeunes-jonathanok.jpgProjet et déclic : Lors d’une descente touristique en kayak sur l’Ourthe, cours d’eau traversant ma commune, nous nous sommes rendu compte que les abords de la rivière étaient dégoûtants. Nous avons donc imaginé une action de ramassage des déchets. Après quelques prises de renseignements et explications, nous avons obtenu le soutient des 4 communes concernées, ainsi que l’aide de la société de location « Les Remoux » qui nous proposaient de nous fournir le nombre de kayaks nécessaires gratuitement. Tout était rassemblé pour mettre en place cette action. Nous avons pris l’eau pour la première fois début octobre de l’année passée pour récolter pas moins de 100 sacs poubelles de détritus. Maintenant notre action pris de l’ampleur de par notre participation à l’Assemblée des Jeunes Wallons pour l’Environnement, projet mené par l’association GREEN Belgium.

Motivation(s) : Ma première motivation était de présenter un paysage propre aux touristes qui viennent se détendre sur notre cours d’eau en kayak. Ensuite, avec la participation à l’Assemblée des Jeunes Wallons pour l’Environnement, ma motivation a été d’avoir simplement un environnement un peu plus sain.

jeunes-jonathan2.jpgConseil(s) :
Tout d’abord j’aimerais dire qu’il n’existe pas de « petites actions ». Il faut agir à son échelle. Toute action de n’importe quelle importance soit-elle a le mérite d’exister et de vouloir faire bouger les choses. Pour notre part, il s’agit d’une dizaine de personnes qui agissent sur 25 km de rivière, c’est-à-dire une goutte d’eau dans un océan. Mais si on cumule les dizaines de personnes qui agissent sur 25 km, cela fait déjà beaucoup plus. Ensuite, j’aimerai signaler que pour se lancer dans une action, il est possible de le faire en démarrant de rien, ou de pas grand-chose. En ce qui nous concerne, un peu de motivation et 2 ou 3 coups de téléphone. Comme conclusion, je dirais que toute action est en mesure d’influencer notre comportement, et si on a l’envie d’agir, il faut se lancer, les moyens suivront.

Damien Eylenbosch, 17 ans, Gembloux, Génération Tandem Scolaire (Empreintes asbl)

jeunes-damienok.jpgProjet : J’ai débuté le projet de parrainage scolaire à vélo avec trois autres garçons alors que nous étions en 4è secondaire. Ce projet nous a été proposé par l’asbl Empreintes. Avant de commencer le parrainage nous avons suivi une formation vélo (sécurité routière, premiers soins, mécanique vélo…) et nous avons reçu un kit comprenant un casque, des phares, des bandes fluo, une veste avec le logo de Génération Tandem Scolaire (GTS). Nous avons également signé une charte avec les parents des filleuls afin de définir clairement le chemin à emprunter et les responsabilités en cas d’accident. J’ai commencé avec trois filleuls: deux soeurs et un garçon qui étaient entre la 3è et la 6è primaire. Pour le lancement du projet, nous avons roulé durant de courtes périodes, ne roulant pas lorsqu’il faisait mauvais ou que ça n’arrangeait pas quelqu’un.

Motivation(s) : Mes motivations étaient d’accompagner des plus jeunes à vélo à l’école, de leur permettre d’utiliser ce mode de déplacement doux et agréable et de faire bouger les autorités communales afin d’avoir des aménagements pour les vélos dans la ville et aux alentours, car le vélo reste mon moyen de transport favori.

Déclic(s) : Ce qui est à l’origine de mon engagement dans ce projet c’est que j’aime me déplacer à vélo. J’en fais depuis que je suis tout petit. Nous faisons pas mal de vélo en famille durant les vacances. Nous avons entre autres fait trois voyages de plus ou moins 600 km en Bretagne, en Normandie et dans le nord des Pays-Bas. Ceux qui sont à l’origine de mon engagement sont mes parents, qui m’ont encouragé, et bien sûr l’asbl Empreintes.

Conseil(s) : Le conseil que j’aimerais donner c’est que si des jeunes sont chauds pour tenter l’aventure, ils ne doivent pas hésiter.

Ronel Djimadoumadji, 16 ans, Ave-et-Auffe (Rochefort), Centre des Jeunes et de la Culture de Rochefort

jeunes-ronel2.jpgProjet : Je fais partie de la Maison des Jeunes de Rochefort où sont organisés toutes sortes d’activités, dont du théâtre. L’année passée, nous avons réalisé « Biobulle », une pièce de théâtre portant sur l’écologie. Nous avons joué cette pièce une dizaine de fois. Grâce à cela, GREEN Belgium nous a repéré. Cette association s’occupe de développement durable, d’environnement, d’éducation et de participation citoyenne. C’est elle qui nous a permis, via « Mission 21 », de partir en car au Maroc. Nous étions une quarantaine de jeunes, divisés en 3 groupes et accompagnés d’adultes, à partir à l’aventure dans ce merveilleux pays. Nous y avons repeint un dispensaire, ramassé des déchets dans un souk et expliqué aux enfants l’importance de l’hygiène.

Motivation(s) : Je crois que c’est évident : nous fonçons droit dans le mur! Il faut absolument que nous agissions, nous, les jeunes! Parce que c’est clair que l’avenir est entre nos mains! Il faut que nous prenions tous conscience que si nous n’agissons pas vite, nous courrons droit à la catastrophe!

Déclic(s) :
A l’âge de 9 ans, je suis allée un mois au Tchad, le pays natal de mon père. Nous avons fait un voyage jusqu’aux villages où mon père a grandi. Là-bas j’ai vu ce qu’était la vraie misère, le manque d’eau, la pauvreté… Mais les gens y sont tellement accueillants! C’est là que j’ai pris conscience de la chance que j’avais de vivre en Belgique. Un geste tout bête chez nous peut être une grande épreuve pour eux. Aller cherche de l’eau, par exemple.

Conseil(s) : Je ne demande pas aux jeunes qu’ils changent du tout au tout d’un jour à l’autre. Des gestes simples et pas compliqués, c’est possible! Éteindre la lumière quand on sort d’une pièce, fermer l’eau pendant que l’on se brosse les dents, ne pas jeter ses papiers par terre, ne pas allumer le chauffage et ouvrir la fenêtre en même temps, essayer d’effectuer le maximum de trajets en transports en communs… Voilà toutes des petites choses qui peuvent nous changer la vie à tous ! Nous pouvons aussi inciter nos parents à changer en leur donnant ces petits trucs. S’ils cherchent une nouvelle voiture nous pouvons leur proposer d’acheter une « voiture verte », par exemple, et aussi les inciter à trier les déchets ou, plus simple, utiliser un même sac pour faire leurs courses au lieu de prendre à chaque fois un nouveau sachet en plastique!

Samuel Cogolati, 17 ans, Huy, écolo j

jeunes-samuel.jpgProjet/engagement: Je suis convaincu que c’est le projet politique d’Ecolo qui défend le mieux les idées auxquelles je crois profondément. Dès l’âge de 14 ans, je suis donc devenu membre très actif d’Ecolo et d’écolo j (les jeunes écolo). Chez ecolo j, notre devise c’est « pas de blabla, pas de tralala, beaucoup d’actions ». Avec d’autres jeunes militants, nous avons créé une section régionale du mouvement dans l’arrondissement Huy-Waremme. L’objectif premier : organiser des actions mobilisatrices dans notre région. Nous voulons rendre la politique enthousiasmante. Un exemple : le jour de commémoration des 20 ans de la catastrophe de Tchernobyl, nous avons manifesté en fanfare devant la centrale nucléaire de Tihange, déguisés en étranges « Tchernogilles », des Gilles de Binche avec un gros champignon nucléaire sur la tête. Je suis également administrateur et membre du Bureau de l’asbl Les Récollets à Huy. Dans mon école, nous avons fondé avec des amis un Jeune Magasin du monde-Oxfam… Une autre manière de promouvoir le commerce équitable, modèle plus respectueux de l’environnement et des gens. Avec mes amis des mouvements auxquels je participe, j’applique mes idées aujourd’hui pour demain ! Car si je suis solidaire avec les gens d’aujourd’hui et d’ailleurs, en respectant l’environnement, je souhaite élargir cette solidarité aux gens de demain, aux générations futures. Ces engagements constituent la petite pierre que j’apporte à l’élaboration d’un modèle de société durable.

Motivation(s) : Face aux problèmes que nous connaissons, ce sont ma passion pour la chose publique et ma détermination pour faire avancer mes idées qui sont à l’origine de mon engagement. Je me suis engagé parce que je crois en un projet, celui d’Ecolo tout particulièrement. Face aux problèmes ou aux peurs, j’ai deux choix : me résigner ou agir. Je suis conscient que, vu mon jeune âge, mes moyens d’action sont limités. Mais, je veux tout faire pour défendre le développement durable, une meilleure qualité de vie, un meilleur respect de l’environnement et une plus grande solidarité avec les générations futures. Voilà ma motivation : faire avancer mes idées. Je peux me rendre actif et utile en organisant des actions chez écolo j, en agissant au sein d’Ecolo, en agissant, au quotidien, pour mieux respecter mon milieu de vie.

Déclic(s) : Je vis à Huy, ville à laquelle je suis tout particulièrement attaché. Mais dans le fond de ma vallée, au couché du soleil, la centrale nucléaire de Tihange me rappelle quotidiennement que nous hypothéquons gravement l’avenir des générations futures. Toutefois, dès l’aube, les éoliennes de Villers-le-Bouillet, sur la colline opposée, me rappellent que des alternatives existent bel et bien ! C’est le genre de situation qui fait réfléchir…J’ai aussi eu la grande chance de pouvoir participer au Conseil communal des enfants de ma commune. J’ai très vite pu me rendre compte du manque de démocratie participative dans ma commune. Là encore, même à 12 ans, j’avais terriblement envie de bouger. Les problèmes de ma commune comme les grands enjeux environnementaux m’interpellent, me sensibilisent, depuis déjà longtemps. La planète va mal et ça me fait peur. J’ai encore appris récemment que la température globale de la planète était au plus haut depuis des centaines d’années. Nous sommes à la fois les responsables et les victimes de ce réchauffement climatique. Les répercussions sont aujourd’hui nombreuses et graves. J’ai toujours voulu, à mon modeste niveau, contribuer aux solutions des problèmes que nous vivons : le réchauffement climatique, le nucléaire, la déforestation, la marchandisation de l’eau, les pollutions environnementales, ou encore la gestion des déchets.

Conseil(s) : Comment agir pour un meilleur respect de l’environnement ? Pour moi, l’écologie se vit, avant tout, de manière quotidienne et très concrète ! Je trie mes déchets, je vais à l’école en vélo, j’ai construit un compost, j’achète Max Havelaar, et j’ai invité mes parents à choisir un fournisseur d’électricité verte pour économiser des sous (parce que quand c’est bon pour l’environnement, ça l’est aussi pour le portefeuille). Ce sont ces petits gestes que j’encourage à développer ! Par ailleurs, défendre ses idées et un projet de société « soutenable », durable, peut passer par un engagement dans une ONG, une association, un projet dans son école ou un parti politique. Même à 17 ans, les jeunes peuvent aussi se bouger en politique pour leur planète ! Personnellement, j’ai la chance de m’impliquer dans des mouvements qui font confiance aux jeunes, qui ne prennent pas le jeune pour un spectateur mais bien pour un acteur. C’est dans ces « structures » que, collectivement, nous pouvons aussi changer les choses.

Wiliam Donni, 18 ans, Waremme, écolo j

« Je suis membre d’Ecolo et d’écolo j depuis un peu plus d’un an. J’y suis car je considère que les Verts sont les seuls capables de mettre sur la table des négociations politiques les vrais questions environnementales. Ce 21ème siècle doit permettre une grande prise de conscience sur le thème de la survie de la planète et le réchauffement climatique, mais aussi continuellement rappeler qu’on ne fait finalement qu’emprunter la planète à nos enfants. Je crois aussi qu’on peut espérer que grâce à des films, livres ou autres documentaires, les gens de mon âge commenceront à s’engager chez Greenpeace ou d’autres groupes qui se mêlent de l’environnement comme le fait écolo j. La planète a besoin de nous. Il n’est pas trop tard, il est temps ! »

Pour en savoir plus :

2 commentaires sur “Jeunesse à l’action”

  1. Nathalie dit :

    Bravo, voilà de jeunes personnes pleines d’énergie avec lesquelles il faudra compter.

    Je crois beaucoup à la valeur de l’exemple même si c’est un peu démodé. Je vous souhaite encore beaucoup de projets et de réussites.

  2. Super les Jeunes!! Aux adultes maintenant de faire savoir que des Jeunes se bougent et qu’il faut au moins autant parler de ceux-là que de ceux qui malheureusement font des erreurs de parcours.

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