Vermicompostage ou lombricompostageGestes pratiques

27 novembre 2011

Déchets organiques de cuisine bien trop encombrants? Le vermicompostage ou lombricompostage est une technique de compostage qui fait appel à des petits vers… Et qui permet de composter même quand on a pas de jardin. Sylvia l’a testé et… adopté. Elle raconte.

Lors d’une activité « Mon jardin au naturel » en avril dernier, notre association Eco-Vie a organisé un atelier sur le lombricompost. Cet atelier, animé par Marie Delenclos, de l’association française Eco-Vidéaux, était destiné à initier les participants à cette technique de recyclage originale et respectueuse des déchets organiques pour créer un amendement de grande qualité.

Je dois bien avouer que Marie m’a tout à fait convaincue et que je me suis passionnée pour cette technique ! Je suis donc rentrée à la maison avec deux bacs de frigolite, une litière et des vers à compost que Marie distribuait à ceux qui voulaient commencer à pratiquer de suite le lombricompostage. C’est ainsi que j’ai démarré mon élevage et nourrissage de vers à la maison, dans le garage.

L’atelier de Marie avait ceci d’original qu’il nous expliquait comment à peu de frais, avec du matériel de récupération (comme des bacs de frigolite qu’on peut trouver chez le poissonnier) fabriquer sa lombricompostière (les modèles vendus dans le commerce représentant un coût certain). Autre solution : fabriquer sa compostière avec des bacs en plastique et en percer les fonds (pour ça, il faut être un peu bricoleur et trouver des bacs empilables non transparents, le ver à compost adorant l’obscurité).

J’ai donc commencé avec deux bacs de frigolite placés dans mon garage. Au début tout s’est bien passé, mais j’ai quand même fini par voir mes bacs envahis de mouchettes (c’était au moment des chaleurs de mai et juin). Comme ce n’était pas très agréable, j’ai donc exporté ma lombricompostière à l’extérieur (en-dessous de l’appentis de la terrasse afin qu’elle ne soit pas exposée en plein soleil, ni à la pluie). J’avais aussi un petit problème avec l’un de mes bacs en frigolite qui était un peu cassé et donc je suis partie à la recherche de bacs en plastique empilables. Et voilà que pendant ma quête des bacs idéaux, je rencontre Christophe Denève de la Cellule Environnement de Mouscron à qui je parle de mon expérience et qui me dit que justement la Cellule Environnement organise des formations avec les guides composteurs et qu’à l’issue de la petite formation, il est possible d’acheter une vermicompostière pour 25 € (et donc bien meilleur marché que le prix de vente habituel). Du coup, je me dis que ce serait une bonne idée de suivre cette formation et que j’y apprendrai peut-être à mieux gérer ma compostière pour ne plus avoir de mouches.

Je m’inscris donc et j’attends qu’on me contacte pour la formation et un samedi matin, me voilà, très emballée à l’idée d’en savoir plus, au Parc Lenoir où se déroulait ma formation. Le guide composteur présent nous a très bien expliqué le processus à l’aide d’une petite vidéo et nous a donné plein de conseils concrets, a répondu à toutes les questions (nombreuses). Globalement, les conseils étaient les mêmes que ceux prodigués par Marie, mais ici j’avais déjà un peu d’expérience et j’avais donc pu préparer quelques questions auxquelles j’ai reçu des réponses. Pour ce qui concerne les mouches, le guide composteur ne s’inquiétait pas. Il n’avait pas de formule magique mais il nous a expliqué que ce n’est pas grave, juste ennuyeux et qu’avec une bonne gestion de notre compostière, cela ne devrait pas être un phénomène trop gênant. A la fin de la formation, les participants sont repartis avec une attestation de formation qui leur donne accès à la fameuse vermicompostière et tout son matériel (petite pelle, petit râteau, thermomètre pour suivre la température du compost, petit bouquin explicatif et les précieux vers).

Et voilà, depuis, je soigne très, très consciencieusement « mes » vers afin de pouvoir relater cette expérience à tous ceux qui ne disposent pas de beaucoup de place (ceux qui n’ont qu’un petit jardin ou pas de jardin, ceux qui vivent en appartement) et qui voudraient se lancer dans l’aventure et réduire ainsi leur poubelle en la désencombrant d’une partie de leurs déchets organiques.

En tous cas, je remercie les guides-composteurs de Mouscron pour leur disponibilité et leurs bons conseils, la cellule de l’environnement qui a pensé à organiser ces formations et Marie Delenclos et l’association Eco-Vidéaux qui en plus d’animer avec beaucoup de brio et de conviction des formations de lombricompostage, expliquent comment fabriquer une compostière à moindre coût et ainsi mettre cette technique à la portée de toutes les bourses.

Pour ma part, mes vers se portent bien et ma compostière est bien moins envahie de mouches actuellement (je pense que c’est surtout du au fait qu’elle a un bon couvercle qui permet d’en aérer l’intérieur un minimum tout en n’en permettant pas l’accès facilement : le fait que l’un de mes bacs ait été cassé a du faciliter l’accès des mouches et ce même si je l’avais réparé un peu).

Voici (lire ci-dessous « Ce qu’il faut savoir ») quelques notes prises soit lors de la formation avec le guide-composteur de Mouscron, soit dans le petit livret qui nous a été donné avec le matériel (notes que j’ai agrémentées de quelques remarques personnelles) ainsi que les notes que Marie avait préparées pour l’atelier d’Eco-Vie. Bonne lecture et n’hésitez pas à interpeller les guides-composteurs de Mouscron si vous désirez en savoir plus sur le sujet. Pour ma part, je vous tiendrai au courant de l’évolution de ma « fabrique à ver ».

Ce qu’il faut savoir :

    > Les vers à compost vivent et mangent à quelques centimètres de la surface de la terre. Celle-ci leur garantit une bonne température. En cas de grosses chaleurs ou de coup de froid, les vers iront s’enfoncer jusqu’à 60 cm sous la surface pour maintenir une température qui leur convient. Il est donc important de contrôler la température de votre lombricompostière : autour de 10 °, les vers diminuent fortement leur activité (et donc ne mangent plus), en dessous de 5 °, ils entrent en hibernation. Entre 25 et 30°, ils commencent à se déshydrater et au-delà de 30 °, c’est la mort … Lors de températures élevées, les vers vont donc se déplacer dans les plateaux inférieurs de la lombricompostière c’est pourquoi il faudra la placer dans un endroit à l’ombre, frais si vous la mettez en été à l’extérieur. En hiver, il faudra la rentrer.
    Leur système de digestion est rudimentaire. Ils se nourrissent de pratiquement toute matière organique, y compris de cellulose, mais ils n’ont pas de dents et très peu de fluide digestif, c’est pourquoi il faut les aider… la nourriture devient comestible pour eux lorsqu’elle a été transformée sous l’action des bactéries, champignons, etc … Lorsque la nourriture est suffisamment petite, les vers l’aspirent par la bouche. Lorsque la nourriture est digérée, elle est transformée en nutriments riches que vous utiliserez comme compost pour vos plantes et jardins.
    La surpopulation n’est pas à craindre dans une compostière car les vers s’auto-régulent … s’ils ont beaucoup à manger, ils se multiplieront très rapidement … sinon, ils s’adapteront.
    Il est important de s’assurer que la nourriture déjà présente a commencé son travail de décomposition avant d’en rajouter de la nouvelle.

    > Nourriture : les céréales, les légumes (mais pas les oignons qui sont vermifuges).
    Un principe : vos vers sont végétariens. Pas de viande pour eux, ni de poissons et pas la peine non plus de leur servir des plats en sauce, ce n’est pas ce qu’ils aiment. Pas de laitage non plus et pas de graisses.
    Quant aux fruits, personnellement, je n’en donne pas et je ne donne ni pain, ni pelures de pommes de terre: les fruits parce que ça risque d’attirer les mouchettes, le pain parce qu’il moisira très vite (le guide-composteur ne le conseillait pas non plus) et les pelures de pommes de terre parce qu’elles sentent très fort en se décomposant. Mais en théorie, tout cela est permis. Pour ce qui concerne les agrumes, il y a deux tendances : celle qui consiste à dire que c’est formellement interdit et celle qui dit qu’en petite quantité, c’est permis … moi, puisque je ne donne pas de fruits, j’ai résolu le problème ☺
    Je prends la peine aussi de découper les déchets que je vais donner afin de mettre à disposition des vers des petits morceaux et de ne donner que des parties tendres.

    > En plus de la nourriture, il vous faudra mettre dans votre lombricompostière du papier carton tel que rouleau de papier toilette, du papier essuie-tout, de boites d’œufs, mais aussi des magazines, des papiers-mouchoirs, des serviettes en papier … tout cela déchiqueté en petits morceaux (ces matériaux apportent le carbone nécessaire au développement des bactéries). L’alimentation équilibrée de vos vers à compost sera constituée de 50 à 70 % de déchets ménagers et de 30 à 50 % de matières cellulosiques (papier/carton).

    > En théorie, votre lombricompostière ne devra jamais dégager d’odeur. Pour cela, vous devez être attentif au taux d’humidité : il faut de l’humidité pour que les vers à compost puisent respirer (absorption de l’oxygène par la peau … les vers meurent s’ils sèchent). L’humidité dans une litière doit atteindre une moyenne de 60 à 80 %.

    > Le jus de votre lombricompostière appelé aussi lombri-thé pourra être employé pour vos plantes d’intérieur à condition d’être dilué au dizième.

Sylvia Vannesche
Article publié dans Eco-Vie n°262, sept-oct 2011

Photos : Sylvia Vannesche

En savoir plus :

4 commentaires sur “Vermicompostage ou lombricompostage”

  1. Céline dit :

    Bonjour,
    Je ne sais pas où vous êtes située, mais l’asbl WORMS saura certainement vous renseigner à ce sujet: http://www.wormsasbl.org
    WORMS asbl
    Maison de la Paix
    Rue Van Elewyck, 35
    1050 Ixelles
    Téléphone & Fax : 02 611 37 53
    Contact : info@wormsasbl.org

  2. DOUAY MICHELINE dit :

    Bonsoir,

    Je suis très intéressée par le vermicompostage mais je ne sais pas où trouver 1 kg de vers pour démarrer mon compost ? Pouvez-vous m’aider, s’il vous plaît ?
    Merci d’avance !
    Bien à vous !

    Madame Douay

  3. [...] l’article au complet: http://www.mondequibouge.be/index.php/2011/11/vermicompostage-ou-lombricompostage/ Share [...]

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