Voiture : s’abstenir ou consommer avec modération ?Clés pour comprendreGestes pratiques

12 août 2013

Nous ne pouvons nier que la locomotion motorisée individuelle semble avoir encore de beaux et longs jours devant elle, avec des raisons très multiples, que cela nous plaise ou non. Comment agir ?

Je me balade en ville et j’entends les oiseaux chanter. Je passe à côté d’un parc et j’entends le bruit du vent dans les feuilles. Je continue et je vois que les personnes se déplacent à pied, à vélo, avec de drôles de véhicules électriques et silencieux. J’entends aussi les voix des personnes qui se croisent et s’adressent un bonjour…

Le réveil sonne… ce n’était qu’un rêve. Je regarde par la fenêtre et je vois une file de voitures, engluées dans le trafic, dans le bruit des moteurs et des klaxons, dans l’odeur des gaz d’échappements…

La réalité est qu’en Belgique, aujourd’hui nous approchons les 7 millions de véhicules immatriculés, qui roulent en moyenne 15.000 km/an, avec toutes les conséquences connues … et trop rarement dans un souci de préservation de l’environnement !

Promouvoir les modes de déplacement alternatifs (ou à propulsions alternatives) est évidemment indispensable mais se limiter à ce seul objectif est de l’ordre de l’utopie.

Lire également le nouveau dossier du magazine SYMBIOSES sur la Mobilité : www.symbioses.be

Très chère auto…

Evidemment, certains d’entre nous pourraient renoncer à leur auto… Certes. Et je m’en réjouis. Un monde sans véhicules toxiques est une finalité vers laquelle nous devons tendre avec conviction… Mais le chemin est très long…

La voiture peut nous sembler bien inutile pour certains habitants des villes, déjà saturées à l’extrême. Les solutions alternatives n’y manquent pas et peuvent s’avérer bien plus rapides et plus saines. Et en cas de besoin « pressant », pourquoi ne pas faire appel à un système de voitures partagées ? Cela revient bien moins cher que de s’acheter un véhicule qui, même quand il ne roule pas, continue de nous coûter.

Il en va autrement pour les habitants des champs (ou ceux qui partagent leur vie entre les deux) où les solutions alternatives sont parfois moins (ou mal) développées…

Mais que l’on soit des villes ou des champs, il est difficile pour nous, qui avons été élevés depuis notre plus tendre enfance dans le culte de Sainte Bagnole (1886- ?), d’imaginer une seul instant renoncer à son adoration, et la délaisser pour d’autres idoles.

Sommes-nous prêt à passer ce cap ?

Allez, je me mouille…Pas moi ! Et je ne suis pourtant pas l’un de ceux qui considèrent la bagnole comme un « membre de la famille » à part entière, la cajolant à outrance, davantage même que leurs propres enfants. Rien de cela. Je ne suis tout simplement pas un fan du concept d’abstinence. J’ai appris petit à petit à consommer avec modération, à gérer ma dépendance !

Certes, la voiture, c’est la liberté d’aller et venir, où et quand bon nous semble… Mais est-ce seulement cela ? Que représente-t-elle donc aujourd’hui ? Quelle est sa place dans notre vie ? Que nous apporte-t-elle donc de si important pour que nous y consacrions en moyenne le deuxième poste de notre budget familial (certes bien après le logement mais avant…tout le reste !).

S’agit-il vraiment d’un simple outil de mobilité qui nous permet de nous rendre d’un point A à un point B, sans devoir tenir compte d’horaires ou autres contraintes qui nous échappent ?

Pour certains d’entre nous, peut-être. Pour d’autres, la réponse sera plus complexe, où se mêleront les termes « plaisir », « liberté », « image », « confort », « performance », « sécurité », « pratique », « indispensable », voire « mal nécessaire »…et j’en passe.

Remettre la voiture à sa juste place

Explorons une autre voie. Formateur en éco-conduite depuis plusieurs années, j’ai également donné cours à près de 4500 contrevenants de la route (formation alternative à l’amende). J’ai pu ainsi être confronté à diverses visions de l’automobile, diverses façons de l’aborder, de la considérer… et de s’en servir ! Fort de ces rencontres, j’ai petit à petit envisagé de proposer une autre vision de la mobilité en général et de la conduite en particulier. Il me semblait qu’il était temps de replacer la voiture à sa juste place, tenant compte de ses qualités intrinsèques, certes, mais également de ses défauts majeurs. De là, est née en 2010 l’asbl Eco-Mobile.

C’est indéniable, malgré son aspect éminemment pratique, la voiture coûte, consomme, pollue (elle est responsable aujourd’hui d’1/6 de la totalité des GES, sans tenir compte des autres polluants).
Certes, cela est dû, pour une bonne partie, à sa conception (le moteur thermique arrive au bout de son développement et certains constructeurs s’évertuent encore à concevoir des engins totalement inadaptés à nos besoins et à nos routes encombrées!). Pour une part plus importante encore, cela dépend de celui qui 1) va la choisir et 2) va la conduire, c’est-à-dire vous et moi, le consommateur !

Objectif : réductions des coûts et des émissions de GES

Mieux choisir son véhicule, en tenant compte de ses besoins réels, de critères mieux définis et ensuite, mieux l’utiliser permet de réduire de façon drastique son impact sur l’environnement humain et naturel. Un choix judicieux permettra une réduction des émissions de GES jusqu’à 50% (voire bien plus en cas de propulsion électrique) et une utilisation adaptée permet jusqu’à 20% de réduction des GES, sans tenir compte de la diminution des risques et de la durée de vie nettement prolongées des consommables.
Le but ? D’une part, reléguer la part de la voiture dans le budget de notre ménage non pas au second plan (elle y est malheureusement déjà !) mais bien plus loin dans le classement et, d’autre part, réduire sa part dans la production de GES.

Cette voie ne prétend pas résoudre à elle seule le problème et est bien évidemment complémentaire à ce qui se fait ailleurs en termes de mobilité verte (ou plus propre). Elle s’adresse toutefois au plus grand nombre, simples consommateurs d’aujourd’hui et davantage, nous l’espérons, consomm’acteurs de demain, pour reprendre la formule consacrée.

Pour rouler moins, mieux, moins cher, plus sûr et plus propre, l’asbl Eco-Mobile propose :

- des animations en milieu scolaire (5e, 6e, 7e secondaire) de sensibilisation au développement durable et à l’Eco-Conduite et ce gratuitement ;
- des formations Eco-conduite responsable et citoyenne en entreprises, administrations, asbl…
- des formations aux particuliers, demandeurs d’emploi (gratuit)
- des essais de véhicules à propulsions électriques ou hybrides,
- des conseils lors de l’achat de véhicules…

Christian Bormans, coordinateur et formateur Eco-Mobile ASBL

En savoir plus :

www.eco-mobile.be

Laisser une réponse