Faire son Service CitoyenReportages

12 juin 2018

Chaque année, plus d’une centaine de jeunes de 18 à 25 ans se lance dans l’aventure du Service Citoyen en Belgique. Une expérience qui vise à favoriser le développement personnel des jeunes ainsi que leur intégration dans la société en tant que citoyens responsables, actifs, critiques et solidaires. Rencontre avec l’une de ces jeunes et avec la Plateforme pour le Service Citoyen qui coordonne ce programme ouvert à toutes et tous.

« Depuis quelques années, j’ai mis en place progressivement des petits gestes pour harmoniser mon quotidien avec mes valeurs : tendre vers le zéro déchet, le recyclage, le végétarisme… Réaliser une mission de Service Citoyen dans le secteur de l’environnement était une belle manière pour moi de participer à une action concrète qui va dans ce sens ! » Gaëlle Boulvin a passé les derniers mois les mains dans la terre. La jeune femme de 25 ans arrive au terme de son Service Citoyen effectué au cœur de la Ferme du Chant des Cailles, un projet d’agriculture urbaine, participative et écologique à Watermael-Boitsfort. « Rejoindre un collectif qui partage les mêmes valeurs, cela me donne le sentiment d’agir un peu plus qu’à mon échelle individuelle. Être utile à travers ce projet me fait me sentir davantage une citoyenne responsable. »

Comme Gaëlle, plus d’une centaine de jeunes bruxellois et wallons, âgées de 18 à 25 ans, entreprennent chaque année un Service Citoyen de 6 mois. « On accepte tous les jeunes, explique Luc Michiels, de la Plateforme pour le Service Citoyen. Les groupes constitués sont très représentatifs de la société. » Le programme s’ajuste à chaque jeune, ses affinités et ses attentes, mais le canevas de base est similaire pour toutes et tous : une mission principale au sein d’un organisme de terrain, actif dans le domaine social, culturel, environnemental ou sportif. Une mission secondaire, également auprès d’un organisme partenaire, mais dans un autre domaine, histoire d’ouvrir les perspectives. Ces deux missions, individuelles, occupent 80% du temps du Service Citoyen.

Les 20% restants, les jeunes volontaires les passent ensemble, à l’occasion de journées de formation et de chantiers collectifs. Ces moments en groupe permettent de se retrouver pour découvrir les différentes dimensions qu’englobent la citoyenneté et l’engagement (droits et devoirs, démocratie, interculturalité, consommation responsable, rapports intergénérationnels…). Les journées de chantiers amènent les jeunes, par exemple, dans une réserve naturelle ou à un événement sportif aux côtés de personnes handicapées. « Les enjeux environnementaux font partie de la citoyenneté, souligne Luc Michiels. On essaye donc de distiller le souci de l’environnement dans toutes les étapes du Service Citoyen, ainsi que dans l’organisation même de nos activités. »

Aussi un Service Ecocitoyen

Et pour les jeunes qui auraient une fibre résolument verte, outre faire le choix d’une mission « environnement », il est aussi possible de prendre part au Service Ecocitoyen, qui a la particularité de faire voyager les jeunes au-delà de la frontière. Ce programme transfrontalier réunit 5 régions partenaires sur 4 pays (Wallonie, Lorraine française, Grand-Duché au Luxembourg, Rhénanie-Palatinat et Sarre en Allemagne). Pour une période de 6 à 12 mois, les jeunes retroussent leurs manches en participant à des projets liés à l’écologie, l’environnement et le développement durable. Là encore, le gros volet de mission sur le terrain s’accompagne d’une partie plus formative.

Fin février dernier, une trentaine de jeunes en provenance des 5 régions se sont réunis une semaine durant autour de la thématique de l’écocitoyenneté. « L’idée était de comprendre et de vivre ensemble l’écocitoyenneté, explique Serena Mezzina, de la Plateforme pour le Service Citoyen. Notre méthode se base sur l’éducation non formelle et active, en partant de ce que les jeunes connaissent et font déjà. » Lors de cette semaine, les jeunes ont construit leur propre définition de l’écocitoyenneté, participé à des ateliers d’alimentation durable, interrogé leur consommation de viande, pesé leurs déchets… Des aller/retour constant entre réflexion et action, entre gestes individuels et changements collectifs.

Céline Teret
Article rédigé dans le cadre du dossier « Ecocitoyenneté : à l’école et ailleurs » de SYMBIOSES (n°118, printemps 2018), magazine d’éducation à l’environnement du Réseau IDée

Photos : Plateforme pour le Service Citoyen

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