Les chemins de la TransitionClés pour comprendreReportages

23 février 2015

Les Initiatives de Transition fleurissent. Plus de 2000 de par le monde, réparties dans près de 50 pays. La Belgique en compte environ 90 à ce jour. Menées par des citoyens au niveau local, ces démarches ouvertes à toutes et tous visent à construire des alternatives concrètes face aux crises économiques, sociales et écologiques qui s’annoncent.

Qu’est-ce que c’est ?
Une Initiative de Transition (anciennement appelée Ville en Transition) est « un processus mené par des citoyen(ne)s qui ont décidé d’agir dans leur ville/village/commune/voisinage pour que leur lieu de vie devienne plus résilient, plus soutenable et plus agréable à vivre », peut-on lire sur le site Réseau Transition.be. Par « résilience », le mouvement de la Transition entend la capacité de s’adapter aux crises écologiques, sociales et économiques qui s’annoncent. Et ce changement passe par la mise en place d’actions locales, positives, collectives et ouvertes à tous.
L’anglais Rob Hopkins, fondateur du mouvement de la Transition, évoque souvent l’idée de « résilience locale ». Dans son dernier ouvrage (Ils changent le monde), il écrit : « En reprenant en main la satisfaction de nos besoins fondamentaux au niveau local, nous pouvons faire épanouir une nouvelle activité économique tout en réduisant notre dépendance au pétrole et nos émissions de carbone, et en ramenant le pouvoir au niveau local. »

Cofondateur de Ath en Transition et du Réseau Transition.be, Josué Dusoulier partage un constat qui anime la plupart des citoyens prenant part au mouvement de la Transition : « Les scientifiques annoncent que pour éviter une augmentation des températures de plus de 2°C, qui aurait des conséquences catastrophiques sur le climat et sur la vie sur Terre, il faut que 70 à 80% des énergies fossiles restent dans le sol. Et il ne reste que 5 à 10 ans pour que les choses changent… Alors, comment construire au plus vite une société viable en ayant recours le moins possible aux énergies fossiles ? »

C’est dans l’action concrète que le mouvement de la Transition se déploie. Une action qui se veut locale, positive et créatrice de lien social entre habitants d’un même quartier, d’une même ville. Une action qui se veut aussi pleine de possibilités. « Chaque groupe de citoyens va faire son propre cheminement et construire les actions qui lui font sens. Il n’y a pas une voie unique de transition mais des cheminements multiples. » C’est ainsi que, petit à petit, sont nées les Initiatives de Transition, actuellement au nombre de 90 chez nous, en Belgique, et de 2000 au niveau mondial.

Sur le terrain

Les Initiatives en Transition partagent ce point commun qu’elles se veulent toujours soucieuses de l’environnement (préserver les ressources naturelles, limiter les émissions de CO2 et autres pollutions) et de l’homme (accessible à tous, convivial, positif).

Concrètement, elles se traduisent par une multitude d’actions. La mise en place d’un système de covoiturage entre voisins, par exemple. Ou la création d’un Repair Café, un atelier permettant de réparer ou d’aider à réparer des objets et appareils en tout genre et ainsi éviter d’acheter du neuf. Certains organisent aussi des ateliers tricot/couture, cuisine ou d’échange de savoir-faire. Il y a également des projets de jardins, potagers ou vergers collectifs.

L’ensemble de ces démarches se veulent ouvertes à tous et se construisent donc parfois avec des partenaires locaux : producteurs, commerçants, associations, communes…

L’exemple criant de l’alimentation

Arrêtons-nous un instant sur la question de l’alimentation et, liée, celle de l’agriculture. Produire et transporter (parfois de très loin) des fruits, légumes et autres denrées, ça peut engendrer beaucoup d’émissions de CO2. Pourtant, il existe à proximité des petits producteurs qui optent pour une agriculture respectueuse des écosystèmes. Les citoyens de la Transition ont développé plusieurs initiatives allant dans ce sens. A Ath, ils participent par exemple avec des partenaires au lancement du projet Le Bio d’ici (http://lebiodici.be), qui unit les maraîchers bio de la région pour proposer leurs légumes de qualité aux restaurateurs, traiteurs, magasins, épiceries, entreprises, collectivités locales, etc.

Autre projet, la Ceinture alimen-Terre de la région d’Ath, dite CaliTerre (www.caliterre.be). Elle rassemble Ath en Transition, Soignies en Transition, ainsi que de nombreux autres acteurs économiques, culturels et associatifs. A l’image de la Ceinture alimen-Terre liégeoise dont ils s’inspirent, ce projet veut recréer un système alimentaire local, rentable, créateur d’emplois, équitable, sain et résilient (à savoir, un système capable de s’adapter aux crises tout en continuant à nourrir les populations).

Le Mercredi 1er avril 2015, se tiendra à Charleroi un Forum de la Transition solidaire, avec des discussions avec des porteurs d’Initiatives de Transition, des ateliers et conférences. Programme complet, infos et inscriptions : www.transition21.be

Rues en Transition

Josué poursuit avec une autre démarche, émanant de la ville anglaise de Totnes, pionnière en matière de Transition : « Les habitants ont mis en place des Rues en Transition. Le principe est de réunir quelques voisins d’une même rue et, sur base d’un carnet présentant des gestes concrets et gratuits ou très bon marchés, de faire des petites actions favorisant l’environnement, amenant des économies d’argent et des relations agréables avec ses voisins. Cela peut toucher aux consommations d’énergie, aux déplacements, à l’alimentation… A Totnes, 550 familles ont participé à la démarche. En moyenne, par an, chaque famille a économisé 700 à 800€ et a évité que 1,3 tonne de CO2 ne s’échappe dans l’atmosphère. »

Ath en Transition va lancer un projet similaire dans la région. Parce que les Initiatives en Transition, c’est ça aussi : s’inspirer de ce qui se fait ailleurs et donner encore plus d’ampleur au mouvement.

Céline Teret

Photo 1 : Réseau des Initiatives en Transition
Photo 2 : Ath en Transition

En savoir plus :

Un commentaire sur “Les chemins de la Transition”

  1. [...] éd. écosociété, 216p., 2010. – Ils changent le monde, Rob Hopkins, 210p., éd. Seuil, 2014. – Les chemins de la transition, article publié sur MondeQuiBouge le 23 février [...]

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