Mobilisation pour le climat : cap sur la COPClés pour comprendre

27 avril 2021

Jamais la mobilisation pour le climat n’avait pris autant d’ampleur qu’en 2019, pour être assez vite freinée par la pandémie mondiale. Un an et demi plus tard, des experts et activistes issus de différents mouvements ont fait le bilan des mobilisations pour le climat de ces dernières années, dans une conférence-débat organisée par le CNCD.

Le 25 mars 2021, le CNCD – Centre national de coopération au développement – animait une visioconférence pour discuter des victoires, des défaites et des perspectives des mobilisations pour le climat en Belgique (1). Nicolas Van Nuffel, président de la Coalition Climat, Adélaïde Charlier, porte parole de Youth for Climate, Michel De Muelenaere, journaliste au Soir, Christophe Meierhans, d’Extinction Rebellion, et Serge de Gheldere, président d’Affaire Climat ASBL, étaient invités à dresser leur bilan de la situation. Dans l’ensemble, le compte-rendu des différents intervenants était plutôt optimiste, et encourageait à continuer les mobilisations.

La principale réussite des mobilisations pour le climat, citée par tous les intervenants, est l’importance qu’a pris le discours climatique dans l’espace public. « Les mobilisations pour le climat sont parvenues à se réaliser en tant que mouvement social et à imposer leur discours pour contraindre le politique à prendre des mesures conséquentes » a mis en avant Nicolas Van Nuffel. Une partie de l’attention des citoyens et des politiques se porte désormais sur les questions écologiques, et le discours climatique s’est normalisé. Les mentalités ont changé, il est devenu évident qu’il fallait agir pour préserver l’environnement et mettre en place des actions concrètes. L’engagement et l’enthousiasme durant les mobilisations ont poussé les instances décisionnelles à prendre des mesures pour gérer la crise climatique. Même si les décisions gouvernementales sont jugées insuffisantes, les enjeux environnementaux font désormais partie des discussions politiques, ce qui constitue une amorce vers un réel changement.

Peu d’actions concrètes de la part du politique

Chaque mouvement a également atteint des objectifs plus personnels, tels qu’une coalition internationale avec les jeunes du monde entier pour Youth for Climate, la tenue d’un procès contre quatre ministres belges du climat pour l’Affaire Climat, ou la remise en question du fonctionnement démocratique par Extinction Rebellion. Les différents intervenants ont très peu évoqué les échecs de leurs mouvements – même si Extinction Rebellion regrette de ne pas parvenir à se muer en « mouvement de masse » comme il l’ambitionnait. Plus globalement, Adelaïde Charlier a expliqué qu’« il n’y a pas de réelle de défaite, mais une continuelle déception face à l’insuffisance des actions mises en place par les politiques ».

En effet, les objectifs des mouvements pour le climat sont encore loin d’être atteints. Le défi aujourd’hui est de parvenir à maintenir l’attention sur les questions écologiques, afin que les futures décisions politiques soient à la hauteur des enjeux. Pour cela, les intervenants ont mis en avant l’importance d’adapter les mobilisations pour le climat à la crise du Covid-19. Le fait est que les mesures sanitaires empêchent de se rassembler en masse dans les rues, il devient donc nécessaire de trouver d’autres moyens de se mobiliser et de faire pression sur les politiques. Par ailleurs, « la crise du Covid-19 a mis en évidence des problèmes de gouvernance au niveau belge, il y a des divisions en interne, un manque de perspectives de cohérence et d’ambition » a relevé Michel de Muelenaere. Il est donc primordial d’exiger de la cohérence dans les décisions, que ça soit au niveau belge ou européen. Le dernier défi relevé au cours de cette conférence était le financement de la gestion climatique. Pour basculer vers une société plus juste, il va falloir investir de l’argent, et donc réévaluer le budget accordé au climat.

La COP 26, une occasion de se mobiliser

Même si la lutte pour le climat est loin d’être achevée, les mobilisations de ces dernières années ont permis d’amorcer un changement dans les mentalités et la politique, ce qui est le début de la transition vers un monde plus juste et durable. Les intervenants invitaient à rester motivés et optimistes pour la suite, et à poursuivre les mobilisations.

Alors que la COP 26 (2) approche, la conférence « Mobilisations pour le climat : victoires, défaites et perspectives » était l’occasion d’évoquer les possibilités de mobilisations pour cet événement. Pour les intervenants, la COP constitue « un moment médiatique important » pour faire passer des messages, apporter des solutions et dialoguer avec les citoyens. Même si la COP 26 du 10 octobre « risque d’être décevante, c’est une occasion de se mobiliser » et de montrer l’engagement des citoyens pour le climat.

Romane Louant

(1) Conférence-débat organisée dans le cadre du cycle « Cap sur la COP » organisée par le CNCD. Info : www.cncd.be
(2) La 26e conférence annuelle des Nations Unies sur le climat.

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